Quel est le rapport?

Salut! Le mois de Juillet file à toute berzingue, je commence à avoir des salaires qui ressemblent à autre chose que le fond des troncs d’églises, la chaleur/moiteur/même-pas-peur, nous rappelle qu’aller travailler en jeans mériterait une prime de risque, mais tout va bien! Bientôt 5 mois que je suis installé, et 9 mois que je passe sur le sol nippon, et finalement, ça commence à accoucher de choses plutôt positives. Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, pas de balade, mais des retours d’expériences. Tu avais sans doute déjà lu mes anecdotes malheureuses et néanmoins amusantes, vécues il y a quelques temps sur le vieux blog, je te propose aujourd’hui d’aborder la question du relationnel entre les Japonais et moi… Et si tu es sage, tu sauras peut-être ce que contient ce paquet mystère.

Cette fois encore, je vais utiliser des photos inexploitées pour aérer mon texte, mais pas spécialement de rapport avec ce que je raconte. Mais puisque je parlais de travail, voici l’immeuble dans lequel se situe une de mes écoles.

Alors entrons dans le vif du sujet. Y a-t-il une différence nette dans l’attitude des Japonais envers un touriste ou envers un immigré? Les Japonais sont-ils si racistes qu’on le pense (enfin j’ai cru comprendre que certains le pensent), ou, au contraire, sont-ils si attentionnés, polis que la légende le dit? Je n’ai malheureusement pas de réponse toute simple. Et je ne vis ici que depuis peu de temps, mais voici un petit bilan…

(Oui ce pont est construit avec des os de baleine. Il s’appelle d’ailleurs kuzilabashi -le pont baleine-, n’y voit rien de choquant, juste un autre hommage au cétacé)

Alors oui, c’est vrai, au Japon, plus qu’ailleurs, dévisager, c’est pas poli. On ne regarde pas fixement une autre personne, c’est une intrusion dans son cercle privé, bref, c’est caca. Euuuh oui, mais pas pour les Blancs. Non, eux ils sont d’abord des Blancs, ensuite des gens. Ce n’est pas méchant de la part des Japonais, c’est juste plus fort qu’eux. Sauf que si on se fixe un peu là dessus, ça devient vite très agaçant. Autant se faire dévisager par les bombes atomiques aux jambes infinies, c’est pas franchement le pire, autant avoir peur d’être responsable de 37 tortis-colis de seniors par jour, c’est déjà plus pénible. Quelques façons de réagir : le déni : tu fais comme si tu n’avais pas vu… ça lasse un peu, et il faut prendre sur soi, mais c’est efficace. Le défi : tu le regardes droit dans les yeux, il se sent bête, mais tu passes pour un gros rustre et n’améliores pas l’image de l’étranger. Enfin, tu souris et inclines la tête, le curieux ne comprendras pas bien pourquoi, il se dira surement « qu’est-ce qu’il a lui? » en te rendant ton signe de tête, et se sentira aussi bête de t’avoir fixé. Mais tu n’as pas toujours envie de sourire niaisement à tous les badauds (et il y en a un bon paquet ici…). La solution miracle : prend le train!

Tu te dégottes une place, et tu peux être à peu près sûr que personne ne viendra s’assoir à côté de toi pendant un moment. Le top, ce sont ceux qui entrent dans ton wagon, repèrent la place à côté de toi, s’y dirigent, te remarquent, hésitent, et changent de wagon. Attention, ce n’est pas franchement une preuve de racisme. J’ai plutôt tendance à penser qu’ils sont gênés de venir te gêner (et puis vaut mieux se dire ça), et ont peut-être peur de devoir te parler en anglais. Car oui, dernière chose, tu n’es pas seulement un Blanc, tu es un Américain, il faut t’y faire.

(Si tu ne sais pas faire cuire le riz ici, tu ne survivras pas)

Le pire, c’est que pour les Américains, tu es aussi un Américain… Le jour où nous revenions de Ikoma-san, nous croisons un gaijin (un étranger, Blanc pour le coup) d’une soixantaine d’années. Il s’approche de moi et me sort un truc en patois ricain. Je lui articule un « sorry? » qui lui transforme son sourire en bouche bée, et il me rétorque un timide « ooh! Well… Where do you come from? »… s’en suit une discussion « passionnante » avec ce Californien semi-expatrié du nom de Bill, qui faisait du surf il y a 40 ans, et qui sortait ses poubelles ce jour-là… Et puis il y a le syndrome « sonne à la porte et cours » qui s’illustre ici par une attitude très spéciale des jeunes.

A plusieurs reprises, des jeunes (filles ou garçons, souvent à la sortie de l’école, en groupes), ont articulé un genre de « Hello », sourire légèrement moqueur au coin des lèvres, dans ma direction. Le problème c’est que leur prononciation est si bonne, que le temps que je comprenne que ceci est de l’anglais que ça m’est adressé, je suis déjà loin. L’autre problème, c’est que si je leur réponds, ils seront bien ennuyés (faut que je tente la prochaine fois). Deux images me viennent dans ces cas là : ces jeunes enfants qui faisaient aboyer un caniche dans la vitrine d’un salon de coiffure, surpris par la patronne, et qui détalent en riant jaune (pas de jeu de mot), ou ces fameux jeux d’enfants, où sonner à la porte du voisin semble la chose la plus brave à accomplir. On est bien merdeux quand le voisin sort en gueulant… Mais il y a de vrais braves, de vrais courageux, anecdote (ma préférée) :

Nous revenons de Takarazuka (non non je ne place pas tous mes vieux articles, c’est vrai, on revenait de là!) après notre belle représentation de ce genre de spectacle si… spécial. Nous sommes dans le train, et un groupe d’écoliers d’environ 6 ou 7 ans entrent dans le wagon (oui oui, ici, ils sont seuls dans les trains). En une seconde, le wagon s’anime, les enfants étant, comme partout sur Terre, des enfants avant tout. Un jeune garçon me remarque, et comme tous les gamins, il me fixe (vraiment). Finalement, il se retourne vers une petite fille, va vers elle, lui parle de moi, elle se met donc à me fixer. Elle dit une phrase à l’oreille du très jeune homme, celui ci marque un temps d’arrêt, me regarde à nouveau, et s’avance vers moi d’un pas fier et décidé. Droit dans ses bottes, il est toujours plus petit que moi alors que je suis assis et penché en avant. Cela ne le freine pas, il me regarde droit dans les yeux et me dit : « nani jin desuka? » littéralement (donc pendant la traduction dans ma tête) « quel humain es-tu? ». Sakura et moi avons explosé de rire. Mais lorsque je lui ai répondu « Furansujin desu », il a semblé chercher dans sa mémoire s’il avait déjà entendu parler de ce genre d’humain, a semblé décréter que non, et a couru vers sa copine pour lui rapporter l’aventure.

(Un concert de Jazz d’une collègue de Sakura (3ème en partant de la doite), super agréable)

Alors à tout ça il faut ajouter ma buraliste qui m’a demandé si j’étais Italien parce qu’elle savait dire « bonjourno », une des caissières de notre supermarché qui dit invariablement à Sakura que c’est « formidable de pouvoir parler une langue étrangère » et qui a appris à me dire « bonsoir » et « merci beaucoup », etc. Bref, si j’ai espéré un jour que troquer le costume de touriste (appareil photo/bob/short/sac à dos) contre celui de travailleur (pantalon/chemise/attaché-case) suffirait à changer la réaction des Japonais lambda, je me suis bien trompé. Comme disait Zebda « mon visage est une page qu’on n’arrache pas », je les comprends bien mieux aujourd’hui. Mais si tu te dis que la gentillesse et la serviabilité des nippons passe avec le temps passé ici, tu fais fausse route, et voici de quoi le prouver :

La patronne de Sakura est une honorable dame de 78 Printemps (comment on dit « réforme des retraites » en Japonais??). Tous les soirs, Ma douce et tendre reviens du travail avec des cadeaux distribués par sa chef. Gâteaux secs, cerises, mets divers, sauces, thé… et j’en passe. Il se trouve que je suis sujet aux migraines fréquemment. Manque de sommeil, soleil sur la cafetière, mes maux de tête peuvent être répétés et fulgurants. Ayant appris ma situation, la dite patronne s’est inquiétée pour moi, et a conseillé à Sakura de changer mon régime alimentaire. Moins de viande, plus de légumes et autres remèdes de grand-mère. Elle a aussi suggéré à ma chérie de prendre ma tension. Hier soir, Sakura rentre du boulot arnachée de sacs remplis de gâteaux français et du petit paquet que tu as découvert en intro de cet article. Je l’ouvre et…

Je découvre une machine à prendre la tension!! Après vérification, ma tension, bien que basse, n’est pas différente de d’habitude, et je suis donc sauvé. L’attention de cette dame (que je ne connais pas, contrairement à quelques autres collègues de Sakura que j’ai au moins salué une fois) envers moi m’a touché, amusé, et franchement halluciné.

Dernière anecdote, lors de mon périple à Maishima, où j’ai découvert cet incinérateur d’un autre monde, j’ai utilisé le bus. Au retour, nous étions deux passagers. A ma montée, j’ai demandé (en Japonais) au chauffeur s’il acceptait les pièces de 10 yens dans sa machine. Il m’a répondu en anglais que oui, et que ça coûtait 200 yens (comme à l’aller quoi, et c’était le même chauffeur, aucune chance qu’il m’ait oublié). A chaque arrêt, le chauffeur a parlé en Japonais, puis en Anglais (les chauffeurs de bus au Japon parlent beaucoup : « attention je tourne à droite » « merci d’avoir attendu »-au feu rouge-  « le prochain arrêt est… » etc…) Lorsque le passager Japonais est sorti, le chauffeur n’a plus parlé qu’anglais pour moi (alors qu’il savait que je parlais Japonais, mais par souci de bien me servir, il a persévéré). Il faisait clairement des efforts pour prononcer au mieux etc. A ma descente, je l’ai remercié en employant « ôkini », très régional. Il m’a quand même répondu « thank you ».

S‘il y a de la discrimination ici, envers nous autres occidentaux, c’est bien souvent de la discrimination involontaire ou juste maladroite. « Ooooh comme vous tenez bien vos baguettes! » « Et vous aimez le wasabi? Attention c’est fort! » Appelle moi mongolito ça ira plus vite… C’est certainement usant quand on habite ici depuis très longtemps, parce que je sais que ça ne change pas. C’est déjà relativement pénible au bout de 9 mois alors je n’ose imaginer. N’empêche qu’il y aura toujours quelqu’un qui te prêtera sa machine à prendre la tension tout le weekend, quelqu’un qui s’appliquera à te servir de façon personnalisée et quelqu’un qui apprendra à dire « bonsoir » juste pour t’accueillir à la caisse. Il faut s’accrocher à ceux là pour faire passer la pilule des regards en biais, des « aboyons en anglais pour voir s’il aboie aussi » et du fait que, quoi que tu fasses, tu seras toujours vu comme un « Occidental » au sens objet, plutôt que comme « quelqu’un ». Mais petit à petit, quand tu auras récupéré sur ton balcon le sac du petit voisin du 4ème qui l’a mal lancé à sa mère en bas, quand tu auras tenu la porte à quelques voisines et sorti tes poubelles suffisamment souvent pour qu’on se dise que, oui, tu habites ici, tu deviendras petit à petit quelqu’un…

Mais n’espère quand même pas trop qu’on te rende la monnaie quand tu as payé quelque chose mais que tu es accompagné de ta chérie Japonaise… là non, faut pas pousser, c’est à elle qu’on rendra la monnaie, des fois que dans ton pays lointain on sache donner l’argent mais pas le prendre.

29 réflexions sur “Quel est le rapport?

  1. Hé hé, c’est en lisant ce genre d’article que je vois toute la différence entre faire des séjours au Japon de plusieurs semaines et être expatrié. J’ai toujours trouvé amusant qu’on me cuisine sur mes origines à coups de clichés et j’y ai toujours répondu de bonne grâce, chose qui me gonflerait sûrement à la longue…
    Tiens, je me rappelle lors de mon séjour durant l’été 2006, juste après une coupe du monde de sinistre mémoire, ma femme voulait aller voir d’anciens profs à son collège. Ambiance décontractée, c’était la dernière journée avant les vacances, on nous laissa entrer sans problème avec une poussette et avec mon allure de touriste en short et suant sous les aisselles. On arrive dans une salle de classe où une poignée de collégiens nous regardent mi-éberlués, mi-amusés. Après quelques paroles échangées avec le prof, arrive ZE information : je suis français ! Et là, sursaut immédiat et un peu effrayé de plusieurs garçons : « OH ! ZIDANE! ». Pendant quelques secondes, j’ai cru qu’ils allaient bien se garder de me parler en anglais de peur de se prendre un coup de boule. Un cas de discrimination positive en somme, ça m’a évité d’entendre parler de Paris, de pain, de fromage ou de vin tout en ayant l’impression d’être Zidane. Merci Matterazzi.

    • haha excellent!:mrgreen:
      Ouais la différence entre le séjour et le toujours, c’est juste la fréquence. Mais attention, c’est très supportable, j’ai écrit cet article pour raconter deux trois anecdotes, c’est évidemment subjectif tout ça.

  2. Attention, il me semble que généraliser « aux Japonais », « aux nippons » tes impressions fondées sur les habitants du Kansai (je me trompe ?) est un peu exagéré. ;o)

    Quant à « la gentillesse et la serviabilité des nippons », il me semble qu’en fait, c’est comme dans tous les pays à un détail près : la qualité du service et tout son lot d’expressions de politesse qui semblent parfois bien vide de sens, particulièrement dans la capitale… « Les Japonais sont-ils vraiment polis ? » : c’est pas moi qui le demande, c’est une Japonaise et elle semble avoir des doutes… au moins pour la région du Kantô. ;o)

    À bon entendeur !

    • Sinon, pour les anecdotes, tout pareil ! Et en effet, faire comme si de rien était est la meilleure solution selon moi, même si c’est pas toujours évident lorsqu’on comprend tout ce qui se dit…

      PS : je m’étais fait exactement la même réflexion sur la chanson de Zebda !

    • J’entends bien, et effectivement je ne le précise pas noir sur blanc, mais cela me semble tellement couler de source : j’aborde ici, MON expérience à un moment M, dans un lieu L, etc… Ce qui est vrai en général est toujours faux en particulier, je pense inutile de le rappeler.

      Pour ce qui est du Kansai ou du Kantô ou d’ailleurs, mes lecteurs savent où j’habite, et je ne peux pas me résoudre à considérer « les Ôsaka-jin » comme différents des autres japonais. De ce côté là, j’ai envie de dire que les seuls qui sont franchement différents, sont peut-être les Tôkyô-jin. Et l’habitude de généraliser marche plutôt bien pour la région de la capitale, donc pour une fois, ça ne leur fera pas de mal d’être mis dans le même panier que le Kansai, bien au contraire!🙂
      En outre, si tu penses aux regards appuyés, je crois, tout en ayant beaucoup moins bourlingué dans le pays que toi, que la règle générale est plutôt celle décrite ici, et l’exception la capitale, dans laquelle, effectivement, tout le monde se fout de ta tête, tellement il y a d’étrangers. Mais ce que je pense de la capitale n’est ni un secret, ni le sujet.

      Enfin je crois (et ça m’étonne) que tu confonds gentillesse, serviabilité, et politesse (en plus de mélanger celle des travailleurs/commerçants etc, avec celle des gens de l’entourage). Je n’ai pas encore lu l’article dont tu parles, mais j’ai un avis sur la politesse nippone, que voici : la politesse Japonaise n’a simplement aucun rapport avec la politesse Française. Pour nous « être poli » c’est dire « merci », « bonjour » etc…. utiliser des expressions de politesse. Ici les expressions de politesse, tu as raison, il y en a à la pelle, et souvent plus automatiques que nécessaires. Mais ce n’est pas ça être poli au Japon. C’est comprendre l’autre. Du coup quand on ne le comprends pas (ce qui arrive souvent comme partout dans le monde), ici on ne le dit pas. Être poli, c’est utiliser l’ishindenshin, c’est trouver le moyen de refuser sans dire « non », c’est ne pas entrer dans le cercle privé de l’autre sans y avoir été invité plusieurs fois…Il faudrait d’ailleurs utiliser un autre mot que « politesse » pour être juste. « Savoir vivre ensemble » peut-être?

      Tu parles de la qualité du service etc, oui évidemment c’est frappant ici, mais moi je parle surtout de la petite vieille qui refile son truc pour la tension, des petites attentions parfois maladroites, mais toujours bien-veillantes… Mais peut-être qu’encore une fois, c’est juste propre au Kansai?… Et puis le résultat est le même! Entre la mégère de la CAF à 16h, et l’employée de mairie le dimanche ici, c’est peut-être la « qualité de service » qui change, mais ce que je ressens moi, c’est de la gentillesse. Feinte, contrainte ou non, elle est là.

      Bref, il va de soi que cet article n’est qu’un ressenti très personnel et basé sur l’endroit où je vis, au bout de tant de temps de vie, et mon regard à moi, je ne parle qu’en mon nom et les « généralisations » aux « Japonais » et aux « nippons » sont plutôt la facilité car je ne connais pas le nom de tous ceux qui m’ont regardé de travers dans la rue. Je ne voulais pas asséner des vérités générales sur le Peuple Japonais. Il n’y a guère que les Français qui pensent cela possible de toute façon. Et pour être tout à fait franc, moi je voulais surtout parler de ce petit garçon, et de cette petite mamie…;)

      • J’ai maintenant lu l’article sur la politesse, et je ne peux malheureusement que confirmer ce que je dis : on ne parle pas de la même politesse, et faire croire, ou faire comprendre aux apprenants que la traduction de politesse c’est « dire bonjour et merci dans les magasins » n’est pas du tout mon truc. Je préfère expliquer que ça c’est « la politesse Française » et la faire émerger en leur demandant « c’est quoi être poli au Japon? »

        Je pense sincèrement que la politesse Japonaise est juste différente, voire juste un peu plus profonde que la nôtre, et donc moins visible. Je crois aussi que tant qu’on s’accroche à notre politesse, la leur semble factice. D’ailleurs « ne pas dire merci au chauffeur » n’est pas malpoli ici, le chauffeur ne s’en offusque pas. Ce serait malpoli s’il attendait une réponse et qu’il se prenait systématiquement des vents. En revanche, entrer dans le train avant que tout le monde en soit descendu l’est profondément. Ah tiens, en France aussi, sauf que tout le monde s’en moque.

        Attention, je suis loin d’être tatamisé! Je dis bonjour, au revoir, merci beaucoup à tous les chauffeurs de bus, les distributeurs de kleenex, les préposés à la circulation devant les sites en travaux, les caissières etc… J’essaye juste de ne pas considérer que ma politesse est celle qui régit le monde. (je ne t’accuse absolument pas de le faire, certainement pas! Mais certains ont cette mauvaise habitude)…

  3. On dirait du Walt Disney. Remarque, c’est bien, les bonnes intentions et l’esprit positif.
    Je devrais en prendre de la graine, étant à présent peu ou prou convaincu que la règle des relations humaines japonaises dans l’espace public est le désintéressement volontaire et craintif, que celle des relations amicales est le compartimentage strict et aseptisé, régi par l’otagaisama (l’obligation réciproque et l’intérêt), et qu’absolument tout le reste est du business hardcore.
    Much ado about nothing! Dixit un Américain.

    • Oui j’adore l’oncle Walt! (….) Disons qu’avant de penser comme toi, je me permets de voir encore les choses du bon côté un petit moment. J’imagine que la différence de ton entre nos deux narrations en général ne t’a pas échappée😀 J’ai tendance a tenter de voir le verre d’eau à moitié plein, et puis les moments plus noirs, je ne vois pas l’intérêt de les imposer en lecture, je plaide coupable ^^

      Et puis le jour où je serai si malheureux de mon entourage, j’espère vraiment que j’aurai le choix (encore une fois) d’aller là où l’herbe me semble plus verte. Dans 10 ans, qui sait, je m’amuserai peut-être de ma vision actuelle, et qui sait, cela me fera peut-être du bien de m’y replonger😉

      • @niwatori
        On voit le verre comme on veut : aucun souci, et l’optimisme est salvateur, ici comme ailleurs. C’est juste un peu dommage que tu ne contre-balances pas cet enthousiasme par l’évocation, même partielle, de ces « moments plus noirs », car les portraits ou situations que tu brosses perdraient ce côté « tout le monde il est gentil » et gagneraient en consistance et réalité. Enfin bon, j’dis ça j’dis rien, tu es chez toi, n’est-ce pas ; )
        P.S. : nanijin, c’est « de quel pays t’es », et jamais « quel humain ».

        • Je croyais pourtant avoir commencé mon article avec les regards lourds des badauds, les gamins qui te jettent des mots à la tronche juste pour tester si « l’anglais, ça marche vraiment? », les gens qui t’évitent dans le train etc… Mais comme je ne dis pas comme conclusion que ce sont tous des imbéciles, ça n’avait peut-être pas l’air du contre-poids à mon enthousiasme. Ça l’était pourtant ^^ Et de manière générale, je préfère attribuer de la maladresse voire de l’innocente bêtise aux imbéciles (bel et bien représentés partout sur Terre), plutôt que de devoir m’étaler en de longs discours à base de plaintes. Tant pis pour la consistance et la réalité alors🙂

          « P.S. : nanijin, c’est « de quel pays t’es », et jamais « quel humain ». »
          Pas jamais non!:mrgreen: Au moment où cela s’est produit pour moi, et où j’ai traduit en live dans ma tête (parce que je ne pensais, et ne pense toujours pas en Japonais), littéralement, c’est bien « quel humain es-tu » et c’est ça qui m’a fait rire et que j’ai trouvé mignon, en plus de ses 7 ans et son « courage ». Et puis il aurait pu utiliser どちらからいらっしゃったのですか par exemple (bon à 7 ans c’est surement plus simple 何人ですか.🙂 )

          • C’était un simple avis ; je suis sûr que plein de gens aiment tes billets comme ils sont.

            Sinon, je persiste.
            nanijin c’est de quel pays t’es (registre familier, pas limité aux gosses qui en revanche ne sont pas capables, à 7 ans, du kenson/sonkei-go que tu proposes). Calqué sur la réponse : Xjin (X=pays)
            Si tu veux blaguer, reste l’option : 変人 ou choses dans le même style.
            humain = ningen / quel humain ? = donna ningen

            Enfin bref !

  4. Merci pour ta longue réponse. Il y aurait beaucoup à dire mais je pense que discuter de cela à l’écrit ne serait que source de quiproquos. Je ne répondrai donc pas en détails (en fait, j’ai déjà écrit toute une tartine mais je vais la garder pour moi😉 ) mais me permettrai juste une réflexion et une question :

    – Tu as raison, j’ai mis dans le même panier « gentillesse, serviabilité et politesse » par un raccourci maladroit il est vrai. Je ne peux cependant pas tomber en accord avec toi sur les autres points car, pour moi, la vraie politesse, la vraie gentillesse, la vraie serviabilité, elle vient du cœur. Et pour les ressentir, il n’y a pas besoin de mots ; et pour les partager, les communiquer, il n’y a pas besoin de connaître la langue ou la culture de l’autre. Mais dans une ville bourrée d’habitants complètement aliénés par leur boulot et je ne sais quoi d’autres, les gens en viennent à oublier leur humanité et c’est bien malheureux. Et je parle bien ici d' »une ville », je ne précise pas où car cela n’est pas propre au Japon je pense et je ne dis pas que la France ou la « politesse » française sont mieux ; je dis juste que les Japonais ne sont pas spéciaux en ce domaine.

    – Tu précises : D’ailleurs « ne pas dire merci au chauffeur » n’est pas malpoli ici, le chauffeur ne s’en offusque pas. Ce serait malpoli s’il attendait une réponse et qu’il se prenait systématiquement des vents. Comment expliques-tu alors que les parents habituent à leurs enfants à dire merci au chauffeur justement ? Habitude qui tend à disparaître d’ailleurs…

    Amicalement (vraiment😉 ),

    Fred

    • Bon bein pareil pour la tartine…
      En gros je suis d’accord avec toi. Je pense juste qu’on ne peux pas accéder à la politesse, gentillesse et serviabilité « du cœur » dans une sphère publique, Je regrette juste qu’en France, souvent (pas toujours heureusement), on n’accède même pas à un ersatz. En tout cas, à ce jour, ma sphère privée me démontre que non, mes amis ne sont pas justes intéressés, hypocrites ou mus par l’obligation réciproque et l’intérêt (pour reprendre la vision de N.). Le jour où ça se présente, je pense changer d’amis.

      Je persiste néanmoins à croire que se « contenter » d’essayer d’appliquer nos critères de politesse aux leurs, et en tirer nos conclusions est maladroit et inefficace. Que leur mode de fonctionnement agace, lasse, voire dégoûte au fil du temps, je ne peux pas le contredire (encore), mais j’ai bon espoir de pouvoir le faire un jour.🙂

      Quoi qu’il en soit, merci d’avoir essayé la discussion textuelle, effectivement inappropriée à un si vaste sujet.😀

      • Heureusement que tes amis ne sont pas comme ça ! ^^;

        Pour le fait d’appliquer « nos » critères de politesse, l’article que je t’ai fait passer a été écrit par une Japonaise qui parle là de son ressenti personnel et elle semble quand même s’arrêter sur des points qui nous feraient également tiquer non ? Écoute, le mieux c’est qu’on en discute autour d’une bonne bière ! Cet été, je passerai ptêt dans le Kansai donc si ça te tente.😉

        • Oui mais elle parle ici, en contact avec le français. C’est sans doute des points abordés dans ses cours etc… Enfin c’est comme ça qu je le lis, je ne veux pas insinuer qu’elle a été influencée ou quoi que ce soit, je n’en sais rien. Et puis attention, je ne veux pas dire que Les Japonais sont polis, les Français ne le sont pas. Evidemment non! C’est juste que mes conversations à moi avec des Japonais(es) ressemblent à cet article, puis tout à coup on me demande ce qui est le plus poli : donner son avis personnel au risque de froisser, vexer, choquer quelqu’un, exprimer son désaccord permanent, ou accepter que l’autre pense très différemment, prendre sur soi, etc… Là ça devient plus chaud, parce qu’autant je pense que le débat, le désaccord peut être constructif et nécessaire, autant je pense que savoir la boucler quand il n’est pas vital de l’ouvrir, ou qu’on a juste envie de l’ouvrir, c’est aussi savoir se tenir et respecter l’autre… Difficile donc de concevoir les choses tou en blanc ou tout en noir, voilà pourquoi je pense qu’on ne peut pas parler de la politesse des Japonais avec comme seule référence, nos critères (quand bien même certains Japonais seront d’accord avec la vision française).

          Pour la bière, c’est évidemment avec un grand plaisir qu’on pourra s’organiser ça!! De toute façon, on jouera le match retour quand je monterai à Tôkyô, avec le Cédric pourquoi pas?😀 Tiens moi a courant quand tu viens!

    • Note : remercier le chauffeur, le caissier, quiconque délivre un service automatisé contre rémunération, est au Japon en général déplacé (car cela appelle réponse, et donc embarras), et en tout cas inutile (payer suffit). Et du côté client, les formules toutes faites, personne n’y prend garde.

      • Pour le chauffeur de bus, moi quand je lui dis « merci beaucoup » ça n’appelle pas franchement de réponse puisque c’est lui qui a commencé avec son « merci beaucoup »… C’est moi qui lui réponds en fait. Mais je comprends ce que tu veux dire, je ne serais pas allé jusqu’à « déplacé » mais c’est possible.
        Personne n’y prends garde côté client… Pourtant je me pose une question : si tout à coup, la caissière se passait de toute formule de politesse (ça m’est arrivé une fois), est-ce que le client ne le remarquerait pas, et ne s’en offusquerait pas? Si oui, comme je le pense, alors je pense qu’ils y font un minimum attention, et que ces expressions de politesse ne sont pas si vides de sens que ça… même si le répétitif et l’automatisme donnent l’impression inverse. Enfin il me semble.

        • C’est que chacun à sa place, et le « service » à la japonaise est clairement délimité, défini, mis en crânes et place, c’est une des fiertés du pays (Le Japon est le pays du service — combien de fois y a-t-on eu droit, à cette ritournelle ?)(Qui va de paire avec La France est un pays agricole, n’est-ce pas). Si le chauffeur te dit merci, c’est qu’il est obligé de le faire, c’est son boulot, c’est dans le manuel (et en ce sens, ce n’est pas du tout vide de sens, puisque c’est une manifestation du travail bien fait, c’est juste vide du sens que tu attends), s’il y a un client mystère et qu’il ne dit pas merci, c’est des points en moins, etc. Mais rien ne t’empêche de lui répondre. Vraiment. Même chose pour la caissière. Sauf que tu n’es jamais un être humain d’abord : tu es d’abord un client.
          Cela dit, je suis probablement de ton avis : ces petits mots qui ne coûtent rien sont importants, et façonnent — et révèlent tout à la fois — la personnalité de chacun — comme la conception, largement absente ici, que mon voisin ou la caissière, c’est mon égal, qui a droit au même respect qu’un autre.
          D’autres choses à dire probablement encore, mais au boulot !

          • Parce qu’en tant que serveur dans la restauration, je remerciais 400 clients par soir pour leur paiement mais ça venait du cœur?? Faut pas charrier. Ce n’était pas pour autant une « mise en crâne »… J’ai l’impression que tu crois que je pense que chaque « merci » prononcé en ma direction est une chanson et une preuve de la valeur morale de chaque chauffeur de bus… Je veux bien que tu me traites de naïf via Walt Disney (au moins ça change des Bisounours), mais faut pas pousser, je sais encore faire la différence entre une formule de politesse, et une politesse. C’est que je ne cesse de répéter depuis le début…enfin bon, peu importe.
            C’est intéressant d’avoir des retours comme les tiens, ce sont les mêmes que ceux qui m’intriguaient, et m’inquiétaient avant de venir vivre ici. Je me rends compte maintenant que cela n’a rien à voir avec une quelconque proximité avec le pays, mais bien avec nos différentes visions des choses.

  5. Waouh, je n’attaque personne, ne te traite pas de naïf (au pire : ta prose d’ultra-optimiste), et ne parle absolument pas, ni de ton expérience dans la restauration (quel lien avec la discussion ? à moins que ce ne fût au Japon), ni de la « valeur morale » (quoi que cela veuille dire) des chauffeurs de taxi, qui ne font que gagner leur croûte en suivant les règles posées par la société pour laquelle ils bossent. Relax, Max.

    • Décidément Fred a raison, l’écrit pour ça, c’est pénible… Tant pis, j’y vais pour un pavé qui précisera peut-être tout ça…

      Le rapport avec la discussion c’est qu’en te lisant, on lit (ou du moins je lis) que le service au Japon est une mascarade qui va de paire avec une lobotomie de tous ces robots dont la gentillesse et la politesse ne sont que des reflets de la société aliénante, etc…

      « Pour la caissière tu n’es jamais un être humain d’abord, juste un client », « le chauffeur de bus te remercie parce qu’il est obligé, c’est son boulot ». Sauf que je ne vois pas la pertinence de ces exemples en réponse à ma vision des choses (certes discutable), comme quoi le service au Japon reste plus agréable que celui en France, qu’on soit ici une semaine ou plus longtemps, (illustration par le fait que moi même (pourtant poli et gentil), je remerciais les clients parce que c’était dans le manuel.) et que définir la politesse nippone en utilisant un dictionnaire Français ne marche pas.

      En gros, je dis que globalement, les choses ici sont quand même plus agréables. Que la mamie est sympa de m’avoir prêté son truc pour la tension sans intérêt aucun, que ce chauffeur de bus a été sympa bien que maladroit de n’utiliser que l’anglais alors que le japonais aurait suffit dans cette circonstance etc. Et ta réponse est « wahou quel monde merveilleux! Pour moi les Japonais sont tous des faux-culs, même les amis etc ». Je ne sais pas qui doit se relaxer, mais j’avoue que ce genre de réponse m’agace. Toujours est-il que pour la caissière en France (et ailleurs), tu es aussi d’abord un client, que le chauffeur de bus ne dis même pas merci, parce que de toute façon il se fait caillasser la tête par les clients qui fraudent, et qu’on ne respecte pas plus l’autre en tant qu’égal (quelle farce!).

      Ce que tu n’expliques pas à ceux qui lisent et ne vivent pas au Japon (et moi non plus jusque là, mais je te remercie de m’en donner l’occasion), c’est l’importance de la verticalité des rapports ici, en toute circonstance, et qui fait que ce qui prime avant tout est la position de l’autre par rapport à soi (c’est d’ailleurs seulement en fonction de ça qu’on pourra simplement parler, une fois choisi le pronom sujet adéquat, en fonction de la position -sociale, hiérarchique, âge etc etc- de l’autre). Tu dis simplement « comme la conception, largement absente ici, que mon voisin ou la caissière, c’est mon égal, qui a droit au même respect qu’un autre. » ton « largement absente ici » est, selon ma vision des choses, archi faux. Il n’y a qu’en France (entre les deux exemples qui nous occupent ici) qu’il existe une relation horizontale sensée être égalitaire. Tu dis « Monsieur » à quelqu’un, il te répond « Monsieur ». « Tu —> tu » « Vous —>vous » etc… tu sais très bien que ça n’existe simplement pas au Japon, ce n’est même pas une question d’absence.

      Elle est largement absente en France, parce qu’elle devrait y être (Liberté Égalité Fraternité pas vrai?) Mais ici il n’en est simplement pas question! Non seulement aucun Japonais ne considérera son voisin comme son égal (tu as raison!), mais AVANT TOUT, il ne SE considérera jamais comme l’égal de son voisin. Voilà pourquoi, encore une fois, j’insiste sur le fait qu’appliquer nos conceptions aux autres ne fonctionne pas. Penser à l’autre comme son égal? Mais c’est précisément de l’impolitesse pour les Japonais! Tu ne parles que d’un sens du système, qui fait passer ça pour un problème : le chauffeur de bus loin en dessous du client, contraint de le remercier sans le penser, dans l’indifférence la plus totale, à longueur de journée parce qu’il est obligé etc ». C’est vrai que ça brise le cœur ces infinies courbettes quand on va retirer un peu de liquide à la banque… Mais après leur taff, ils vont faire des courses et sont clients. Alors ils demandent à avoir le même service qu’ils ont dispensé. C’est ça l’idée d’égalité ici, je crois. Et à mon avis, elle est bien plus juste et réaliste que de continuer à penser que nous sommes tous égaux, tout en se foutant sur la tronche, en regardant la violence et dire « bah évidemment, c’est toujours les mêmes », etc… Égalité devant Dieu pour les croyants, peut-être, mais devant la société, certainement pas.

      Et je dis ça en buvant mon thé, complètement relax😉

  6. Ouh bah ça bouge aujourd’hui😀

    Sinon bien sympa ton article. On en découvre un peu plus sur les japonais avec leur comportement. J’en redemande :p

    • héhé oui Kyn c’est un peu parti plus loin que ce que je voulais…

      Tu comprends maintenant pourquoi je ne traine pas trop avec la communauté française ici… Ce genre de long débat m’use et il y a beaucoup d’expat qui pensent comme N. et qui te rappelleront à chaque fois qu’un truc t’as juste fait plaisir, que de toute façon, tout n’est qu’artifice en ce bas monde et que l’Autre n’est que l’Ennemi de ton bonheur, qu’il menace en alimentant la grande chaine de la Société consumériste etc…

      Oui j’en rajoute, et oui je me moque, et non je n’ai pas honte🙂

  7. en plein dans le mille!ton article m’a bien fait rire et il vaut mieux le garder le sourire ou le rire car parfois c’est un peu dur a vivre!Heureusement, que tu as ta copine je pense car ça doit aider. Nous, nous sommes deux gaijin aux yeux clairs alors ça donne!

    • j’imagine!!
      En fait quand Sakura est avec moi, ils me dévisagent autant, mais ensuite ils la dévisagent aussi, peut-être pour voir si c’est une pure Japonaise? Mais c’est plus fugace, et surtout j’y prête moins attention quand je suis avec elle que quand je suis seul.
      Par contre c’est un peu frustrant d’être toujours snobé quand quelqu’un doit s’adresser à moi. Il ne parlera qu’à Sakura, même si c’est moi qui lui réponds. Tu vois cette sensation qu’on parle de toi à la 3eme personne en ta présence? C’est un peu relou aussi…
      Donc quelle que soit la config, j’ai bien peur qu’on ne coupe pas à certains désagréments hihi😀

  8. J’arrive un peu après la guerre vu le nombre de commentaires, mais bon, du coup le mien de commentaire portera surtout sur ceux-ci que sur ton post (sur lequel je n’ai pas grand-chose à redire en fait sinon un ou deux LOL – les gosses et leur « hello »)

    De manière générale, j’entends souvent les Français (surtout les Français d’ailleurs j’ai l’impression) parler du « racisme » des Japonais parce que ces derniers les traitent comme des bêtes curieuses.
    Et sérieusement, je me demande d’où ça vient. Je me demande de plus en plus (mais bon, je laisserai un autre faire des études statistiques) si ces Français ont déjà un peu mis les pieds à l’étranger ailleurs qu’au Japon et/ou s’ils connaissent beaucoup d’étrangers en France. Ou alors au contraire,s’ils viendraient pas tous de villes cosmopolites comme Paris et qu’ils n’ont jamais mis les pieds ailleurs dans leur propre pays.

    Parce que s’il est indéniable que les Japonais ont un rapport assez particulier avec le reste du monde, la majorité des comportements des Japonais envers les étrangers est en fait très similaire à la majorité des comportements envers des étrangers physiquement différents dans n’importe quel pays.

    Se faire dévisager par les Japonais ? Si bizarre que ça ? Je crois que c’est le lot de tout étranger n’étant pas de la couleur « dominante. » Demandez à un noir ou un asiatique si on le dévisage en France en dehors de Paris (je vous fais gagner du temps, la réponse est « oui, tout le temps »).

    Ils nous parlent en anglais même si on sait parler japonais ?
    Marrant parce que ma femme ne parle pas un mot d’anglais et pourtant en France on s’adresse presque toujours à elle en anglais dans la rue.

    Bref, les trois quarts des complaintes de petits Français au Japon sont applicables dans à peu près tous les pays quand on appartient à une minorité raciale (mais le Français bien-pensant – et bien blanc – a-t-il jamais imaginé se retrouver un jour dans une telle position)

    Je pourrais décortiquer tous les exemples, mais j’ai envie de passer à autre chose :

    La politesse des Japonais et le si-français « oui, ils sont peut-être polis/gentils mais ils ne le pensent pas, c’est limite des hypocrites. »

    Je ne sais pas si c’est de l’hypocrisie, mais cette approche négative systématique, vaut pas mieux que l’hypocrisie à mes yeux.
    Les gens dans les magasins, les bureaux ne nous connaissent pas, donc ils ne nous aiment pas (ils ne nous détestent pas non plus remarquez) et pourtant ils sont sympa avec nous. Quels sales hypocrites, n’est-ce pas ?

    Pourtant en France (oui bon pas toute la France, Paris surtout… Paris, Kantō, même combat ?) les gens dans les magasins, dans les guichets ou autres ne nous connaissent pas plus et donc ne nous aiment ni ne nous détestent pas non plus.
    Alors pourquoi se comportent-ils donc comme de sales cons avec nous la plupart du temps s’ils ne nous détestent pas ? Ils seraient pas un peu hypocrites eux aussi par hasard ?

    C’est juste un choix de comportement. Les gens qu’on ne connait pas, on peut se comporter avec eux comme on le souhaite puisque justement on n’éprouve rien pour eux. Donc oui, on peut les traiter comme de la merde. Ou alors on peut bien les traiter et être sympa avec eux.

    Quelque chose me dit que la deuxième solution est quand même un poil plus constructive et rend la vie en société un peu plus agréable, non ?

    J’avais deux trois autres trucs à rajouter, mais mon commentaire est déjà assez long comme ça, et puis je te paraphraserai un peu dans tes réponses à « N ».

    • héhé je m’étonnais aussi que tu restes sans rien dire🙂
      Bah voilà quoi, je suis à peu près d’accord avec toi sur le constat côté Français, j’en ajoute une petite couche…

      Ma famille (et d’autres) se sont étonnés d’entendre « Les Japonais n’ont pas l’habitude de côtoyer des étrangers, beaucoup n’en ont jamais rencontré »… « Ah bon?? c’est fou ça non? »… »Bein… et vous? vous avez des amis étrangers? Des vrais hein, pas des Français d’origine quelque chose… Des Rom peut-être vu que vous êtes tellement choqués par certains discours? ah bein non quand vous en voyez, vous changer de trottoir… » Bref, je ne m’étale pas, mais il y aurait beaucoup à dire…

      Pour l’anglais dispensé à ta femme, de ce côté là, Sakura est tranquille, mais mon ex, qui était Coréenne, elle y avait droit systématiquement… Un vendeur de chez Orange (très sympa d’ailleurs) lui parlais en anglais… je lui dit « non mais elle ne parle pas anglais parlez lui en français, et j’expliquerai plus simplement après si besoin » « ah ok pardon… well, you want a pre-payed card? »… Boulet!🙂
      Sakura elle par contre, a souvent eu droit à mon syndrome du « hello », version « nihao » (ça s’écrit comme ça???), le bonjour version chinoise…

      Effectivement, le sois-disant « racisme » japonais est, au pire, plus facile à vivre ici. Et je ne parle même pas de la police. Aucun de mes amis n’a jamais été contrôlé ici (sauf en vélo mais rarement), et moi non plus. De toute façon, encore faudrait-il que les policiers parlent anglais:mrgreen: Ça vaut bien quelques réflexions de vieux pas très discrets, quelques regards en biais etc… On évite toujours les coups, les crachats au visage, les contrôles d’identité permanents et j’en passe.

      Bref, tant que le Groland n’existera pas vraiment, je préfèrerais être ici😀

  9. A mon époque des jeunes filles distribuaient des paquets de mouchoirs avec des pub dessus a la fin des escalators dans les gares.
    Plus intelligent qu’un prospectus…
    Mais lorsque mon tour arrivait, elles retiraient leurs mains et me faisaient une petite courbette.
    Pas de mouchoir pour moi !!!!, racisme ???

    Mais il y a une logique a cela, un blanc ne parle pas Japonais puisque les japonais ne parle pas anglais et donc la pub n’est pas pour lui.

    J’avoue que cette discrimination que j’appellerais technique peut être très choquante ou même insultante.

    Mais inutile de vouloir polémiquer avec un japonais sur de telles sujets, pour avoir testé, aucun ne comprenaient mon point de vue…

    • En fait il arrive qu’on retire sa main quand on voit que je suis étranger, mais en général, j’ai quand même droit aux mouchoirs, aux éventails en carton et aux prospectus… L’étonnant dans tout ça c’est que quand on me harcèle avec ces produits, je peste, et quand on m’esquive pour cause d’étrangeté affichée, je peste aussi… C’est bien mon côté Français qui ressort:mrgreen:

      Tu as complètement raison dans ta dernière phrase, et le choix des mots est millimétré! Effectivement, le Japonais ne comprennent pas ce qui nous gêne, c’en est déconcertant.

La parole est à toi! (profites-en!!) Si ton commentaire n’apparaît pas immédiatement, c'est qu'il attend sagement ma modération, ne t'inquiète pas!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s