Contre vents, marées et grêle.

Salut salut! N’y allons pas par 4 chemins, hier soir, j’avais des fourmis dans l’appareil photo. Manque de pot, la météo prévoyait pluie et grisaille pour aujourd’hui. Pas idéal pour commencer la prise en main de mon nouvel outil. « Bof tant pis, me dis-je, de toute façon je dois aller au bureau de l’immigration pour récupérer mon nouveau visa. Là-bas, c’est moche, le coin idéal pour les photos en noir et blanc ». Ma photo d’intro a déjà flingué mon suspens, et tu as surement deviné au moins deux choses : j’ai besoin d’exercice avant de maîtriser mon EOS 600D, et la météo n’a pas vu juste… quoi que! En route pour le tour de chauffe de mon Canon. Au programme… bah tout ce qui se présente, désolé si l’article ne se tient pas franchement…

Bien, alors voilà, c’est la première fois que je me retrouve avec des photos tellement éclatantes qu’elles en sont complètement cramées. J’avais l’habitude de pousser un peu mes contrastes plutôt que l’inverse. Cette jolie fleur bien rose, en plein soleil, vient de me donner une première leçon. Sois donc indulgent avec les clichés d’aujourd’hui, certains vont bien montrer que s’habituer à un appareil n’est pas si facile qu’on le pense parfois (du moins que moi je le pensais…). Alors d’abord, tu te demandes surement déjà où je t’ai emmené. Nous sommes sur une île artificielle à l’extême Ouest de la baie. Mais si! Si tu me suis depuis longtemps, on y est déjà allé.

Tu y es? C’est le World Trade Center, du haut duquel nous avions observé une superbe vue nocturne en Octobre 2010. Juste en face de lui se trouve le bureau de l’immigration que j’ai connu il y a peu lorsque j’ai demandé mon visa d’époux. Aujourd’hui je viens donc le récupérer dans ce bâtiment :

Je ne sais pas si tu ressens la même chose que moi avec seulement deux photos, mais moi, chaque fois que je pose le pied ici, j’ai le sentiment d’être dans un jeu vidéo style Sim City, où c’est toi qui construit ta ville. Tu fais sortir des immeubles de terre, un peu comme tu colles un hôtel rue de la Paix alors qu’il n’y a rien autour. Et pour cause toute cette moitié de l’île ressemble à un terrain en construction permanente. Un peu comme un coin de la maison dont on ne sait pas encore vraiment quoi faire. On est loin de tout, et on a tenté d’installer les bureaux gouvernementaux, le World Trade Center et d’injecter de la vie… Difficile de considérer ça comme une réussite.

Voilà pourquoi la perspective de la grisaille voire de la pluie ne me rebutait pas tant que ça ce matin. Mais bon, on ne va tout de même pas cracher dans la soupe, et le soleil est drôlement appréciable, d’autant plus qu’il souffle un vent glacial, et à décorner les boeufs. Mais quand je dis glacial… c’est pas pour rigoler, mes doigts vont s’en souvenir un peu. Qu’importe! Une fois mon visa récupéré, me voici en quête de photo, animé par la joie d’un enfant au lendemain de Noël. Mes pas se dirigent vers l’extrême Nord Ouest de l’île, où se situe le Musée Maritime.

Le bâtiment en arc de cercle semble complètement abandonné, et l’étrange sphère flottante derrière lui ne semble pas motiver les visiteurs à venir jusqu’ici.

Il faut dire que question « je suis placé au rebut de la société », on peut difficilement trouver mieux que cet endroit.

Bon ok, mais alors qu’est-ce que je vais photographier moi? Bah déjà il va falloir que je teste ce téléobjectif, depuis le temps que je rêve de shooter des oiseaux… Quels oiseaux? N’importe! Le premier qui se pointe y aura droit!

Clac! En voilà un! Et là! Un corbeau! Allez! On appuie sur le déclencheur!

Je ris d’un rire dément façon « mwahaha le peuple migrateur sera bientôt à ma merci! Mwahaha… hum… pardon. » Sérieusement, je suis plutôt satisfait du résultat, c’est pas encore suffisant pour « Histoires Naturelles », mais c’est mieux que ce que je pouvais faire avant. On affine un peu avec les piafs plus craintifs…

Allez! En route sur le bord de mer!

Sous l’oeil bienveillant du miotsukushi (le symbole de la ville, tu te rappelles? Je l’ai imprimé sur mon bras), une ou deux joggeuse bravent le vent d’hiver. En face de nous, une autre île artificielle que tu connais aussi : Maishima. Oh, si son nom ne te dis rien, il te suffira de voir la photo suivante pour la remettre :

Bingo! L’incinérateur designé par Friedensreich Hundertwasser, qu’on avait découvert ce jour là. L’air marin dans les narines, le vent dans les cheveux, je me régale. A chaque fois je le dis, et à chaque fois ça m’étonne, mais j’adore cette ambiance portuaire, même si de mon côté on est plutôt sur une promenade style croisette… les gens en moins. Alors il n’y a rien à voir? Taratata! Il y a toujours quelque chose à voir quand on a un appareil photo autour du cou.

Quand je pense que dans mon sac, il y a un parapluie… Ah! Et puis on a aussi une vue bien dégagée sur le Kaiyukan, l’aquarium d’Ôsaka qu’on commence aussi à connaître mais dans lequel il est toujours agréable de se replonger.

Vais-je résister à l’envie d’utiliser mon 55-250?

Bien sûr que non! Hé hooo! Du bateauuuu!!

Non! Ne zomme pas! C’est inutile, tu vas gâcher une photo! Franchement! Sois raisonnable!

Niarc niarc niarc! M’en fou! Je peux presque voir le capitaine. Ca doit pas être une croisière Costa… Bref! Tu l’as compris, tout ce qui rentre fait ventre, et je déclenche plus vite que mon ombre.

Je suis obligé de te dévoiler une information que j’ai tenté de cacher avec mon cadrage. En réalité, il y avait deux scooters garés ici. J’ai décidé de n’en garder qu’un, de l’équilibrer avec une bouée, et de toute façon, l’autre était à moitié couché sur un banc, bref, pas séléctionnable pour une chouette image. Alors pourquoi je t’en parle? Parce que 30 mètres plus loin, j’ai croisé les deux propriétaires de ces engins en train de pêcher. Comment je sais que c’étaient leurs scooters?

Une intuition… Et des pêcheurs, il y en a quelques-uns. Pas tous avec un casque, mais parfois avec de la belle prise!

Je suis au bout de la promenade de bord de mer quand arrive derrière moi une barge énorme, transportant une grue, elle même énorme…

Une véritable usine flottante! Je décide alors d’aller voir de l’autre côté de l’île, s’il y a autre chose à se mettre sous le capteur. Je repasse devant mes vues désertiques du début de l’article, et tout à coup, au détour d’un immeuble (je n’exagère pas, c’est même l’immeuble avec la grosse antenne sur le toit que tu as vu plus haut… donc au milieu de nul part…), tout à coup donc, la vie! L’effervescence!! Des arbres feuillus!!!, Une ville normale quoi!!!! Avec des couples et des familles!!!!!

Sans déconner! Je n’en reviens pas! Me voilà à déambuler non plus sur des chemins entre des terrains vagues, mais dans des rues avec une concentration exagérée de voiture de luxe. Ici sont regroupées des sièges de grandes entreprises, des quartiers résidentiels, une vraie petite civilisation autarcique. Je passe à côté d’un buisson sur lequel s’agitent une troupe de moineaux. C’en est trop pour mon téléobjectif qui jaillit de mon sac, se colle à mon appareil et se met à mitrailler les pauvres petites bêtes terrifiées…

Une fois le bain de sang terminé, je reprends ma route. Je suis à peine remis d’être au milieu d’un quartier habité que je me retrouve dans un nouveau décors, nettement moins accueillant pour la petite mamie et son caddie. Nous arrivons sur la partie de l’île dédiée aux poids lourds et à ce que j’appelle les autoroutes volantes. Toujours très impressionnantes, particulièrement quand on passe sous elles.

Le bruit n’est pas moins impressionnant que la vue. D’où mon noir et blanc bien contrasté histoire de dramatiser un peu plus, puisque toi tu n’as pas la version live. Mais comme on est au Japon, on a beau être sous des voies d’autoroutes, ça ne nous empêche pas de longer un parc plein de jolie verdure…

Rien de bien intéressant dans le parc (même avec un appareil autour du cou…c’est dire!), je prends donc le chemin du retour vers le World Trade Center et de la gare pour rentrer me mettre au chaud. Quelques images encore… ici un parking,

Là une église qui n’en est pas vraiment une, mais plutôt une salle spéciale pour les célébrations et réceptions de mariages. Elle joue juste le folklore à fond, comme si à Marseille on trouvait des salles de réceptions en forme de pagodes à 5 étages…

Et enfin, la gare est devant moi. Le garage à vélo m’arrache un sourire malgré mon visage gelé… Je t’ai dit qu’il y avait un vent à décorner les boeufs? J’aurais du dire « à faire tomber les vélos »!

Bon, finalement pas la moindre gouttelette! Sont vraiment nuls à la météo!… Je rentre à la maison, et une fois sorti du métro, je constate que le ciel est plus chargé ici…

Il faudra que j’attende que Sakura rentre du boulot pour qu’elle m’apprenne qu’ici, cet aprem, il a grêlé!

A bientôt!!

14 réflexions sur “Contre vents, marées et grêle.

  1. ça fait plaisir de te voir essayer de maîtriser ton appareil et ce n’est pas facile!!! un télé- objectif c’est agréable pour surprendre des scènes de la vie courante sans se faire trop remarquer!!!

    • Effectivement il faut vraiment se faire la main sur un nouvel outil. J’imagine que c’est comme changer de voiture, il y a un temps d’adaptation…

  2. Certains clichés me rappellent furieusement Yokohama !
    Mention spéciale pour celle avec le dôme en fond et le vieux fauteuil au premier plan !

    • Je ne suis jamais allé à Yokohama, mais je comprends ce que tu veux dire! Cela dit, je suis certain qu’il est bien plus intéressant d’aller à Yokohama qu’ici:mrgreen:

      La photo dont tu parles fait aussi partie de mes favorites du jour, mais je regrette vraiment de ne pas être monté sur un cailloux ou je ne sais quoi, juste pour aligner le haut de la clôture verte avec la ligne de séparation herbe/dôme…
      tant pis, on ne voit pas toujours le petit détail quand on est sur place. Ca aussi, ça me servira de leçon😉

      • Héhé, la compo ! En effet, pas toujours évident d’avoir (ou de prendre) le temps de tout vérifier. Dans tous les cas, ce n’est tout de même pas flagrant sur ce cliché et monter sur quelque chose t’aurait peut-être vraiment fait « couper » la photo en deux… je suis pas sûr qu’elle y aurait gagné.😉

  3. Bien joli tout ça😉
    Tu t’es fait plaisir, ça se voit dans ton article et c’en ai que plus agréable :p

    Hâte d’en voir d’autre du coup et surtout les cerisiers❤

    • Ah ça!! Je dois dire que renouer avec la balade improvisée, rentrer et faire l’article dans la foulée, le tout avec excitation, ça m’a rappellé des souvenirs, non pas que je m’ennuie maintenant, mais il faut bien reconnaitre qu’on ne raconte pas son quotidien comme une semaine de vacance.
      Content que ça se ressente aussi de votre côté!😀

    • Bonjour et merci de votre commentaire! Effectivement, je crois comprendre à lire votre site dédié au vélo sous toutes ses formes, que votre fille habite dans notre merveilleuse ville!
      Alors qui sait? peut-être nous croiserons-nous un jour ici? En attendant, bonne route😉

    • Comme toujours, merci de cette intervention pertinente! Je regrette maintenant de ne pas être entré dans le musée. J’avais hésité, puis me suis dit que j’y retournerai avec Sakura. A planifier!

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