Cheveux longs, idées longues.

Salutations! Hé oui, le beau temps revient petit à petit, les températures se font moins agressives (encore que, le vent est toujours bien froid), ce qui a pour conséquence première une augmentation de nos sorties, et donc des mes articles. Profites-en tant que ça dure. Je vais même optimiser au maximum aujourd’hui. Ce dimanche matin (hier donc), mon programme était d’aller chez le coiffeur. Oui mais voilà, un article sur un blog ami m’a franchement frustré. Moi aussi je veux des ciels nuageux de toute beauté, et aujourd’hui, le temps est mieux que nuageux, il est incertain. Soleil, bruine, vent fort, la lumière et le décor changent toutes les 2 minutes, et je me dis que c’est maintenant ou jamais. Tant pis pour le shampooing, je dégotte sur Google Earth un temple pas top loin mais inconnu, et nous voilà partis. Mais ce que j’ignorais alors, c’est que je n’allais pas rencontrer un temple, mais deux!

Nous nous rendons aujourd’hui à Suita, ville limitrophe de Ôsaka qui a abrité l’Expo Universelle de 70, où Sakura habitait lorsque je suis venu pour la première fois au Japon, et dont je t’avais parlé entre autre ce jour là. Sortie de la gare par ce petit tunnel tout en mosaïque, sale, mais jolie.

Lorsque nous rejoignons l’air libre, nous sommes à 2 pas de l’usine Asahi, la célébrissime marque de bière japonaise.

En face de cette usine gigantesque, dans laquelle entrent des cars entiers de touristes venus la visiter, se trouve le temple qui nous amène jusqu’ici.

Mais quand je te dis « en face », c’est en face!

Rien d’étonnant donc, à ce que les lanternes aient pour fond les caisses de bières.

Mais concentrons nous sur ce qui nous intéresse aujourd’hui : Katayama-jinja, le temple qui m’a interpelé lors de mes recherches de lieux à visiter.

Celui qui a déjà parcouru les terres nipponnes et qui accumule les visites de temples dira peut-être que parfois, on a un peu l’impression qu’un temple, c’est un temple. Certes ils ont tous des différences, des particularités, mais bon… globalement (et là je parle surtout des temples « modestes »), ils se ressemblent quand même tous un peu.

C‘est précisément ce qui m’a intéressé dans le cas de Katayama-jinja, lui détonne un poil, surtout par sa couleur. Approche toi!

Certes ce n’est pas le seul temple rouge-orangé du Japon, mais, je ne saurais dire exactement pourquoi, sa teinte est assez particulière, comme s’il n’y avait plus la couleur officielle des sanctuaires en boutique, et qu’on avait prit une autre référence pour celui là. Faisons un petit tour.

Le petit bassin à l’entrée explique la méthode à employer pour exécuter correctement la gestuelle, à l’aide de cette petite plaque très mignonne. En outre, il est muni d’un système de robinets automatiques que je n’avais encore, je crois, jamais vu dans un temple.

Il te suffit d’approcher ta petite louche en plastique pour la remplir d’eau, et de la retirer pour couper le robinet. Tu peux ensuite procéder à tes ablutions, et vider l’excédent directement sur les cailloux.

Tu peux ensuite reposer ton ustensile et continuer ta visite, fier d’avoir sauvé un peu ta planète, sans avoir eu l’impression de te faire engueuler par Yann Arthus Bertrand.

L‘endroit n’est pas immense, mais il y a de quoi voir. Devant le temple, on trouve par exemple cette grosse pêche en pierre qui semble thématique ici (on l’a vu aussi sur les plaques du bassin 3 photos plus haut).

Il y a aussi ce petit espace réservé pour « brûler des trucs » selon Sakura. Mechoui ou feuilles d’impôts, je n’ai pas su…

Et puis toujours un peu plus sur la gauche du temple, il y a un petit sanctuaire shintô comme j’en avais déjà vu un, il y a longtemps au Taiyu-ji de Ôsaka.

Ici, il est précédé d’un mini Fushimi Inari (le fameux couloir de torii à Kyôto), là encore, d’une couleur… non homologuée?

Et la quinzaine de torii ici présente n’arrive pas à faire oublier les 4 kilomètres de Kyôto, évidemment. Je me rabats sur les statues de lions à côté qui, bien qu’en pierre, arrivent à percer tes défenses de leur regard percutant.

Un dernier détail, puis un dernier regard d’ensemble sur le temple aux couleurs de carotte…

Le plus difficile est d’attendre le rayon de soleil pour la photo, car il disparait aussi vite qu’il est apparu… Quoi qu’il en soit, il est temps, déjà, de partir. J’ai repéré sur Google Earth qu’un petit parc jouxte le temple, et je suppose qu’on y accède en passant par ce torii dérobé sur la droite du temple, et qui donne sur un immense espace vierge, en attente, sans doute, de nouveaux buildings.

Le petit chemin nous mène à l’arrière tu temple dans un parc pas franchement folichon.

Il y a tout de même un prunier, oui oui, un prunier, pour justifier de supporter encore un peu le vent froid et faire quelques clichés.

Les cerisiers, quant à eux, n’ont pas encore les atours de certains congénères de la péninsule d’Izu qui fleurissent plus tôt, et juste pour embêter les autres… Non, ici, les cerisiers ressemblent encore à ça :

Si le vent frais est toujours bien fort, il a au moins l’avantage de commencer à dégager correctement le ciel, et le soleil réchauffe nos carcasses. Nous en profitons pour découvrir un peu plus le parc, qui ne mérite décidément pas de photos. Les bassins sont boueux et a moitié asséchés, l’herbe n’est pas reluisante, et on sent que l’entretient a hiberné. Il y a néanmoins un ou deux détails qui peuvent mériter d’être vus.

Cette petite obélisque par exemple, ou était-ce ce chat errant à l’oreille accidentée qui en gardait l’accès, comme un sphinx inquisiteur?

Il me regarde, plisse les yeux, miaule. Je me fixe, le regarde, plisse les yeux, relâche mes bras, dégourdis mes doigts ankylosés par le froid, prêt à recharger mon boitier avec son objectif 200mm.

Une balle d’amarante, ressemblant étrangement à un sac plastique passe entre nous.

La tension monte, il s’apprête à bouger. Lentement, j’équipe mon appareil du zoom qui dissuadera peut-être, à cause de sa taille, Billy the Cat de bondir sauvagement.

J‘arme, et déclenche avant qu’il n’ait eu le temps de bouger davantage. Mais ce tir n’a pas suffit à le décourager, le voilà qui s’approche à grande vitesse, j’ai tout juste le temps de recharger, mais il est déjà trop tard, mon deuxième tir ne me sauvera pas, il est déjà en train de me…

réclamer des papouilles… S’il y avait eu un saloon dans le coin, je lui aurais payé une coupelle. Aaaah si tous les duels pouvaient se finir aussi bien, Sergio Leone aurait sans doute eu une autre carrière. Mais redevenons serieux un instant, car il y a encore une chose que je veux te montrer ici, c’est cette pierre :

J‘en croise souvent. Et je ne sais toujours pas à quoi elles servent. Sakura ne sait pas non plus, et ce qui m’étonne, c’est toujours cette matière et ces couleurs, comme si la pierre était damassée.

Je n’ai pas franchement fait de recherches, alors si un de mes lecteurs plus érudit que moi en la matière (et je sais qu’il y en a), peut m’en apprendre davantage sur ces pierres, je suis preneur de toute information. En tout cas, notre tour s’achève ici, et nous regagnions la gare pour rentrer chez nous. Là, en principe, et si tu suis bien, tu te dis que je t’ai arnaqué avec mon speech d’intro. Mais alors que les appareils photos étaient rangés, que la direction de la maison était prise, et que j’en étais content, rapport à ma vessie qui, à ce moment là, avait beaucoup de choses à me dire, nous tombâmes nez à nez avec ça :

Diaule! Ne serait-ce pas un temple bonus?? En voilà un que je n’avais pas repéré sur Google Earth! Jetons un œil, ça ne peut pas faire de mal.

Izudono-gu est son nom, et si l’arrière est charmant, j’ai déjà hâte d’aller voir devant.

Et effectivement, ça valait le détour.

L‘espace devant le temple est immense et désertique, et, en plus de cet arbre gigantesque, il y a de part et d’autre de grands hangars qui m’intriguent.

En m’approchant, je découvre sur un panneau qu’il s’agit des abris pour les châsses portables (les mikoshi) utilisées lors des festivals.

J‘ai beau être au bord de l’accident (toujours concernant ma vessie), je ne peux m’empêcher de m’attarder sur quelques détails du temple, advienne que pourra.

Et dans un coin, derrière le temple, à l’abri des regards, une petite source sacrée, pas reluisante en ce moment, mais qui mérite bien, elle aussi, une paire de clichés.

Voilà, c’en est trop, la vue d’une source rend mon effort de rétention insupportable, nous sommes à quelques mètres de la gare, et donc de mon salut, aussi c’est presque en courant que je prends ce dernier détail alors qu’un ultime rayon de soleil se montre, une mandarine appétissante, et je cours mettre fin à mon effort, bref, je vais pisser.

En tout cas, aujourd’hui, alors que j’écris ce compte-rendu, j’ai toujours les cheveux longs et indisciplinés, mais franchement, je ne regrette pas d’avoir préféré tenter les photos par temps nuageux, ce fut une bonne idée.

A bientôt!

26 réflexions sur “Cheveux longs, idées longues.

  1. « qui fleurissent plus tôt, et juste pour embêter les autres…  »

    J’ai rigolé tout seul devant mon écran ! ^^

    Une « châsse portable », pas mal l’expression pour les mikoshi : je la garde en tête car ce n’est jamais facile à expliquer de manière succincte.😉

    Je sais que ça dépend un peu des personnes et des manières de voir les choses mais, personnellement, j’utilise « sanctuaire » pour tout ce qui est shintô et « temple » pour le bouddhisme, histoire de m’y retrouver un peu. Je ne sais cependant pas d’où ça vient…

    Bonne question pour les pierres ! Quelqu’un a une réponse « officielle » ? À première vue, moi j’opterais pour l’hypothèse du « tant qu’à écrire quelque chose, autant le faire sur un joli support qui a de la gueule ! ». Tout ce qu’il y a de plus subjectif quoi.😉

    • :mrgreen: mes messages subliminaux pour toi étaient donc des messages subli-minables?:mrgreen:

      Oui pour sanctuaires et temples tu as raison, je m’étais dit que j’allais m’y tenir, mais au final je ne fais jamais attention… va falloir que je m’applique parce que si le néophyte ne fait pas franchement gaffe à ça, je sais que ça peut agacer les plus connaisseurs… Merci de le souligner!

      Pour la pierre, une telle explication ne m’étonnerait guère vu le pays!

      Enfin pour la « châsse portable » je l’ai trouvé sur Wikipédia, en recherchant le terme « mikoshi », parce que j’étais bien empégué pour trouver un nom français et je n’arrivais pas à être sûr du nom japonais… et effectivement je trouve qu’il claque ce nom😀

      Dernière chose : la méthode pour commenter semble fonctionner, puisque ton avatar passe, mais as-tu oublié de lier à ton blog ou est-ce encore un problème, genre a aucun moment tu ne peux lier à ton site? (ça commence à me courir sur le haricot cette histoire)!

      • Yep, je suis désormais connecté, pas de souci ! Pour le lien vers le blog, il y est normalement… Peut-être est-ce parce que j’ai changé de nom de domaine et que tu ne retrouves pas le « blogspot » ? L’adresse officielle est désormais : japon.dokokade.net😉

      • Ah ben en fait on dirait que non ! C’est toi qui l’as rajouté sur mon premier commentaire ? Bizarre car je viens de vérifier mon profil sur Gravatar et l’adresse est bien présente et à jour…

        Bon ben si y a plus l’adresse de mon blog je commente plus chez toi alors, ça sert à rien !!😀

        • Effectivement c’est moi qui l’avais ajouté à ton premier com. Je comprends pas la logique… quand on clique sur ton Gravatar on a on profil avec le lien vers ton site, mais franchement, pourquoi pas directement? Ils ont eu un procès avec Gravatar qui veut absolument qu’on transite sur la page? Quel intérêt? Je continue les investigations, mais visiblement WP dément qu’il y ait des problèmes….
          Et ça m’embête non pas pour toi et tes statistiques, mais pour mes lecteurs qui se retrouvent privés d’un accès clair à ton excellent contenu!😉

  2. « Je ne sais cependant pas d’où ça vient… »

    De l’anglais peut-être ?😉 (« Shinto shrine » et « Buddhist temple »)

    Pour les pierres, je crois avoir déjà vu des bribes d’explications quelque part, mais j’ai oublié (et la source, et l’explication), oui je sais, je ne suis pas très utile là tout de suite.

    Pour le commentaire, non décidemment, wordpress.com a pêté les plombs, je suis maintenant condamné à mettre une adresse mail bidon (et donc ne pas recevoir les notifications de réponses)

    • La méthode que je décris ne fonctionne pas pour toi? Ou est-ce l’impossibilité de lier à la fois le gravatar et le site dont tu parles?

      Ce que je ne comprends pas, c’est que quand je rentre manuellement vos adresses habituelles (ou disons à l’ancienne), votre gravatar réapparait sans problème (encore que toi, est-ce un gravatar??)…

      • Oui, le truc c’est que je ne veux pas lier mon commentaire à mon gravatar, mais à mon site, tout en ayant mon gravatar en icone – comme avant quoi – (et quand bien même la dernière fois, j’avais quand même essayé de me logguer avec mon gravatar je n’y arrivais pas).
        J’ai un peu regardé sur les forums de wordpress.com apparemment je ne suis pas le seul qui n’est pas content avec ça, donc espérons qu’ils modifient cela un peu. Toutefois, j’ai cru lire quelque part que dans les options de commentaires de ton blog, tu peux peut-être désactiver ce login obligatoire.

    • Tu ne crois pas si bien dire parce qu’en sortant de Katayama-jinja, j’ai proposé à Sakura de faire la visite, mais elle m’a rappeler au bon sens en disant « bah faut sûrement réserver! », alors qu’un car géant entrait sur le parking…
      Une autre fois peut-être? Ça doit être intéressant, surtout si y a des dégustations gratuites🙂

  3. Tu as un sacré sens de l’observation, à l’affut du moindre détail. Je suis sur qu’il y a plein de trucs pour lesquels je passerais devant sans les remarquer. Ça m’avait déjà marqué lors de notre sortie à Osaka.

    Sinon je me demandais pour la pêche, ça a un rapport avec l’histoire de Momotarō, le garçon né dans une pêche? J’ai entendu parler de cette légende à Okayama. Il y a un résumé de l’histoire sur experience-japon (super blog au passage pour ceux qui s’intéressent au Japon traditionnel et aux jeux-vidéos) http://experience-japon.over-blog.com/article-36150045.html

    J’aime bien la photo du lion de face, stylé. J’aime bien aussi la plaquette qui explique la gestuelle de la purification.

    • Alors, visiblement ici pas de rapport avec Momotarô, mais bien pensé!! Expérience Japon est dans ma liste de suggestions, évidemment!!

      Merci pour le compliment, c’est vrai que je pense avoir un côté observateur, mais je crois qu’il s’est développé en faisant de la photo. Je suis devenu encore plus « à l’affut » qu’auparavant je pense. Et surtout, comme je te l’avais dit d’ailleurs, prendre une photo, cadrer, porter l’attention sur un truc, le transforme déjà donc je ne considère pas qu’il faille attendre un truc chouette à prendre en photo, mais plutôt se servir d’un truc normal pour en faire une belle image. Bon évidemment tout ne fonctionne pas, mais mon Maître de dessin me disait : « Il n’y a pas de mauvais sujet, il n’y a que de mauvais dessinateurs », je crois que c’est valable pour la photo.

  4. Coucou ^__^
    Belle promenade et de belles photos (le temps a été clément avec vous).

    J’ai adoré le passage avec le « shironeko » … trop choupinou à se rouler … mais tu lui as fait des papouilles au final ??
    A bientôt

    ps: je vais poster un article dédicacé pour toi😉

    • Encore un article dédicacé? Merci beaucoup Kyn! Et merci de m’avoir rejoins sur FaceBook!
      Pour le chat justement, je te donne rendez-vous là bas pour la réponse à ta question:mrgreen:

    • Oui il avait effectivement le regard fatigué… Je rappelle que c’était un matou errant, comme on en trouve beaucoup ici. Une petite maladie pas sympa pour lui ne m’aurait pas étonné.😦

  5. Bel article , J’ai été impressionné par la fresque à la sortie du tunnel à la sortie de la gare .
    Ça change de nos TAG en France …

    J’ai découvert ce blog récemment et j’adore la narration .

    Bravo

  6. Coucou Frangine ! Très belles photos comme d’habitude, heureusement que le corps humain est doté d’un mécanisme de protection face aux envies impérieuses… Bref, dieu merci, on sait se retenir de pisser ! On aurait raté quelques superbes clichés dans le cas contraires… Biz

    • Tu sais, au Japon, il y a tellement de toilettes publiques disséminées un peu partout, et toujours propres (ou presque), que le problème en question n’en est en général plus un. Et du coup, quand il faut vraiment se retenir, c’est plus difficile, car on s’habitue vite à ce confort là!

  7. Bonjour,
    merci pour ce bel article, sur deux temples proches de ma station Hankyu homonyme (oui, c’est le retour du pedant). Pour la pierre, je ne sais pas ce que c’est mais le parc est sur l’emplacement de l’ancien Chateau de Suita, et d’apres la page Wikipedia japonaise, il y a un rapport, mais mon japonais n’est pas assez bon pour vite savoir lequel: http://ja.wikipedia.org/wiki/%E5%90%B9%E7%94%B0%E5%9F%8E.
    Le parc est plein de surprises et de recoins; les enfants du quartier y passent des heures a jouer et pecher des ecrevisses.

    • Merci pour cette précision, nous allons décortiquer la page wiki dès que possible!!

      Pour le parc, il nous a semblé en effet très agréable, mais fort peu photogénique à ce moment là… c’est dommage, mais je suis sûr qu’en été il est très agréable, et malgré le froid de ce jour là, plusieurs familles étaient là avec des petits, effectivement.

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