Le tour de la pièce.

Bonjour, bonjour! Me revoilà, fin prêt à te dévoiler la suite de notre weekend « cerisiers en fleurs ». Dans le dernier article, nous avons débarqué sur une minuscule île dans la ville de Uji, avons assisté à une démonstration de pêche au cormoran, débusqué un petit sanctuaire, tout ça sous les fleurs encore un peu trop timides à mon goût des cerisiers. Pas de grande surprise aujourd’hui, le programme t’a déjà été annoncé, nous allons voir le Byôdô-in, temple célèbre notamment pour apparaître sur les pièces de 10 yens. Le temps est toujours nuageux et changeant, le vent vif, mais la promenade agréable. Avant d’entrer dans le temple sus-dit, je t’avais parlé, souviens-t’en, d’un autre sanctuaire débusqué un peu plus tôt… Commençons donc par là!

Petite remise en situation, nous marchions le long de cette route lorsque j’ai fait un décrochage dans le dernier article, histoire d’équilibrer mes deux récits de cette journée. Retournons-y donc, pour voir ce qui nous attend.

Le gros des visiteurs du jour étant sur la petite île, nous profitons ici d’un calme impressionnant. Nous remontons dans des petites rues, et passons devant des maisons plutôt impressionnantes, tu sais, ce genre de bâtisse qui te fait dire à voix haute : « dis donc y a des sacrées baraques dans le coin! Ça doit pas être donné! » Les grandes maisons en France sont déjà impressionnantes, mais ici, la taille moyenne des habitations étant ce qu’elle est, trouver de grandes baraques est encore plus surprenant. Puis nous ne tardons pas à croiser plusieurs personnes visiblement habillées pour une cérémonie.

Rien de bien étonnant puisque l’on suit un panneau indiquant un sanctuaire. Nous croiserons bientôt une mariée magnifique dont je me retiendrai de prendre une photo, le lieu ne me permettant pas la discrétion, et n’ayant pas franchement envie de passer pour l’étranger irrespectueux.

Nous approchons et découvrons que le lieu est assez fréquenté, et qu’il est en fait dans le prolongement du petit sanctuaire visité peu avant. Il s’agit ni plus ni moins de l’Ujigami-jinja.

Et voici à quoi il ressemble. Un sanctuaire shintô qui n’est pas sans me rappeler le style épuré du site de Ise-Jingu, visité en Juin 2011. L’endroit est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui est dune banalité confondante pour les sites nippons, et serait même le plus ancien sanctuaire (donc shintô) original du Japon, selon une datation dendrologique. A ce moment là je n’en ai pas la moindre idée, ce qui ne m’empêche pas de me régaler les yeux. Je répète que nous sommes là en attente de la démonstration de pêche au cormoran, mais nous avons bien quelques minutes pour faire le tour. Passons par la droite.

Une petite maisonnette est là. Allons voir ce qu’elle renferme. Courageusement, je demande à ma femme de passer devant, histoire de te montrer l’action d’une part, et d’autre part, de m’assurer qu’aucun danger ne me guette.

C‘est bon, ça a l’air d’être sûr. Comme tu peux le constater, il semble que l’endroit soit l’abri d’une source où l’on vient puiser de l’eau. Et effectivement la maisonnette est inondée d’une eau limpide et claire.

Si si, je t’assure! Il y a bien de l’eau!! Nous ressortons de là et continuons notre tour.

Je m’attarde un peu sur les belles toitures qui nous entourent. J’adore ces petits détails qui montrent l’ancienneté, mais aussi la solidité des constructions d’antan, ainsi que leur cohabitation avec la nature.

Derrière le sanctuaire, un autre bâtiment renfermant des reliques et autres objets de culte :

Ainsi que quelques éléments ésotériques style amas de pierres sacrées. Que ce soit pour y égorger des chèvres ou juste ranger les graviers, je n’en ai pas la moindre idée, mais en bon touriste que je suis, je prends une photo :

Notre tour bouclé, nous reprenons la direction de l’île, et le magnifique torii à l’entrée m’oblige encore à prendre une photo. La mamie qui ne sortait pas du cadre à l’aller, quelques images plus haut, m’avait chagriné. Et là, au moment de déclencher, paf! Une jeune fille recule et sort de derrière le pied du portail… décidément, quand ça veut pas…

Magie de la narration et de l’ellipse temporelle, nous voici après notre repas, là où je t’avais laissé lors du dernier article, prêts à aller visiter ce monument historique qu’est le Byôdô-in. Le soleil commence à se faire un peu plus présent, et c’est tant mieux.

Avec l’arrivée du soleil, et l’avancée de la journée arrivent les hordes de touristes. Peu d’occidentaux cependant, à mon grand étonnement, mais énormément de Chinois. L’entrée du Byôdô-in, temple bouddhiste de son état, n’est pas donnée. Compte 1000 yens pour entrer, et visiter le musée à l’intérieur du site. C’est loin au dessus des tarifs habituels, généralement autour des 500 ou 600 yens, mais tant pis, on paye. En faisant la queue, je m’amuse à observer les pieds des arbres disposés sous ces sortes de tonnelles…

Puis nous entrons et découvrons par le profil gauche le fameux Hall du Phoenix, la partie la plus célèbre du temple.

Et là, tout de suite, on se dit qu’on a bien fait de venir. C’est précisément là où je me trouve que l’on devra faire la queue pour entrer dans le hall et suivre la visite guidée. Ce n’est pas pour tout de suite car nous avons un ticket avec une heure précise à respecter, exactement comme lors de notre passage mémorable aux attractions de Disneyland Tôkyô, autre temple dédié à d’autres dieux. Alors en attendant de pouvoir accéder à la sacro-sainte salle, nous débutons un tour du site.

De 3/4 face, ce n’est pas mal non plus! La luminosité n’aide pas à faire d’aussi beaux clichés que les photos publicitaires du site qui foisonnent sur internet, mais on s’applique quand même. Cela se complique un tant soit peu lorsqu’on atteint LE point de vue, l’unique. Celui utilisé justement sur ces même pubs, mais sans les touristes… C’est une autre paire de manche dans la vraie vie. Tant pis, j’en profite pour la fameuse photo de la pièce devant le bâtiment, sans laquelle j’aurais l’impression d’avoir été un mauvais touriste.

Après maintes tentatives de prises de vue de l’ensemble du Hall du phœnix sans personne devant, se soldant toutes par des échecs cuisants, je décide de prendre 2 photos, quitte à devoir me livrer à un montage grossier que voici…

Ce qui est bien, mais pas top. Je t’invite néanmoins à cliquer sur l’image pour l’agrandir, si tu le souhaites. (Et là c’est le drame. Tu veux vivre la vie trépidante d’un blogueur? Je viens de perdre une heure de rédaction d’article, grâce à un superbe plantage et ) visiblement une lacune des sauvegardes automatiques… trop content, je recommence…mais au bord des larmes là quand même…)

Nous poursuivons donc notre tour en abordant maintenant le 3/4 face droit du bâtiment. Bien aidé par une rayons de soleil et un cerisier, je ne suis pas mécontent de mon image. Et là justement, tu te dis peut-être que ma session ‘fleurs de cerisiers 2012 manque cruellement de…. bah de fleurs de cerisiers justement!! Qu’à cela ne tienne, en voici une petite dose. Accro va!

Décidément je n’arrive pas à être satisfait. Cette année aura été le défi pour moi, de réussir des photos de fleurs qui méritent une publication. Dans la tonne de cerisiers qui ont déferlé sur la toile ces jours-ci, la moindre des choses est de te proposer des photos qui valent un coup d’œil. Être une fleur de cerisier ne suffit pas, et je ne parviens pas à obtenir ce que je veux. Ajoute à ça le vent capricieux qui flingue ma minutieuse mise au point systématiquement au dernier moment, et tu obtiens un photographe contrarié. Nous arrivons maintenant devant le musée dont je parlais plus haut, encore un détail capturé avant d’entrer, et c’est parti.

Pas de photos autorisées à l’intérieur, mais sache que j’ai été vraiment impressionné. On retrouve ici des répliques ou des doubles de tout ce qu’on peut trouver dans le temple ou le hall du phœnix. Des oiseaux de feu perchés sur le toit aux divinités sur leurs nuages présentés dans le hall sacré, tout est à hauteur d’homme ici et le moindre détail peut être apprécié. L’occasion pour moi de m’émerveiller et de m’étonner du fait qu’on oublie souvent que ces objets ont été façonnés par des mains. Leur ancienneté, leur caractère sacré, je ne sais pas à quoi c’est dû, mais on a tendance à considérer ces objets comme intemporels et immuables, existants simplement, en oubliant souvent qu’ils ont été fabriqués, souvent lentement et minutieusement. Cette proximité fait ressortir ce travail et on prend plus facilement conscience de la valeur de ces objets pas ordinaires qui peuplent pourtant notre imagerie touristique. Tout à coup, on ne les regarde plus en tant que morceaux de culture japonaise, mais en tant qu’objet, simplement. J’en suis là de mes réflexions esthétiques quand nous regagnons l’air libre… (Je l’avais mieux dit tout à l’heure, saleté de sauvegardes!!)

La lourde cloche attend sagement et silencieusement à l’extérieur, nous avons pu d’ailleurs, en scruter les moindres détails plus tôt, car, elle aussi a droit à sa copie dans le musée. Un peu plus loin, nous passons dans le dos du hall du phœnix, où un autre bâtiment sacré nous attend.

Et pour une fois que nous pouvons prendre l’intérieur en photo, je ne vais pas me priver!

Encore un autre cerisier est là, je retente le coup…

Ah bein voilà!!! Joli contraste avec le ciel, différentes plages de luminosité au sein de la même grappe de fleurs, mise au point correcte, celle là mérite la publication! Et dans la foulée du même éclaircissement du ciel, je me tourne enfin vers un des phœnix du toit.

Je remarque alors un drôle de visage sur le toit (peut-on encore parler d’onigawara lorsque ce n’est pas un oni qui est représenté?)

Nous continuons à longer le dos du temple lorsque j’entends une fillette hurler à sa mère : « Mamaaaaan!! On y vaaaaa? », amusé, je la cherche du regard, la trouve, et constate qu’elle m’a trouvé aussi. Le regard encore chargé de son agacement adressé à sa mère, elle me fixe. Une seconde, deux secondes, c’en est trop, je ne peux plus retenir mon appareil photo plus longtemps! Clac, la voilà qui fait partie de mon histoire personnelle pour le restant de mes jours.

L‘endroit précis où je me trouve est tout simplement charmant. Seul problème : il est à l’ombre d’un gros nuages. Tant pis, impossible de prendre une photo maintenant, je décide d’attendre. 5 minutes seront nécessaires (et 5 minutes à attendre dans cette situation, c’est long, demande à ma femme!) pour obtenir un rayon de soleil qui mettra en valeur cette incroyable eau verte. Mais ça valait la peine d’attendre.

Et voilà, cette fois, la boucle est bouclée, nous nous postons devant le petit pont rouge en attendant de pouvoir entrer dans le hall sacré.

J‘en profite pour observer les hordes de visiteurs devant le temple.

Bizarrement, il y a plus de monde qui tourne le dos au bâtiment que de monde qui le regarde. Il y aurait peut-être beaucoup de choses à dire et de conclusions à tirer de ce simple constat, mais le groupe qui nous précédait sors, et nous allons pouvoir entrer à notre tour dans le lieu sacré. Nous traversons le pont, quittons nos chaussures, et pénétrons dans le fameux Hall du phœnix, interdit aux appareils photos, cela va sans dire. Alors voilà comment ça se passe. Nous nous entassons dans l’unique petite pièce carrée au milieu de laquelle trône Amida-sama. La guide branche son micro, et entre dans un long monologue. Elle débite son texte avec le sourire, nous expliquant la composition de la statue géante (bois recouvert de tissu, recouvert d’or etc…) les symboles présents dans la salle, et que nous avons observé en détails plus tôt dans le musée, et l’histoire du lieu. Une chose me surprendra, aucune version traduite ne sera faite. Est-ce parce que j’étais le seul étranger du groupe? est-ce que j’ai manqué la possibilité d’avoir une traduction par un quelconque casque? Est-ce qu’il fallait le demander? Je n’en saurai rien, mais je t’invite à y faire attention si tu comptes venir ici et que tu ne parles pas un broc de Japonais.

Une question à laquelle j’aurai une réponse cependant, c’est celle de savoir ce que regardait le groupe observé plus tôt depuis la rive en face, qui levait les yeux. La guide nous parle de ce grand trou situé en face du visage de l’énorme statue, et qui permet d’observer son visage illuminé par le soleil du matin. Sitôt sorti de la visite, je me rue en face pour tenter de prendre une photo façon paparazzi de cette statue d’or impossible à photographier depuis l’intérieur…

Et puisque je suis là, je re-tente le coup d’une photo d’ensemble. Peine perdue, il y a vraiment trop de monde maintenant, et en plus, le soleil est passé derrière le temple, occasionnant un gros contre-jour. Tant pis, j’en tire ce que je peux. Rahlala, ces photographes, jamais contents!! (Et là je viens de rattraper l’endroit où j’ai planté et perdu toute la partie de mon article. Tu as donc une petite idée du peu que je peux faire en une heure de temps. On dirait pas comme ça hein?)

Lorsque nous quittons le site, le soleil est bien présent, les nuages ont fini d’être chassés par le vent frais, et l’ombre de ce pin sur le mur prend une saveur aussi soudaine que surprenante de Sud de la France.

Nous rentrons donc chez nous après une journée de marche bien remplie, et avec la ferme intention de repartir tôt demain dans la préfecture de Nara. Je suis loin d’être satisfait par mes photos de fleurs, même si je suis plus que ravi de tout le reste!

La nuit devra être réparatrice car les pieds sont gonflés. La suite? Il va te falloir encore un tout petit peu de patience, je te la livre en fin de semaine!

A très bientôt!!

6 réflexions sur “Le tour de la pièce.

    • Merci beaucoup!! N’hésite pas à te servir, (tant que tu cites la source si tu publies, mais je vois que c’est ce que tu fais systématiquement)🙂

  1. Bah vala …à mon tour de perdre mon texte … à cause d’une connection !! Purée c’est chiant è__é
    Je recommence, je te disais très belle balade et je vois que tu as eu du mal à être satisfait de tes photos ^^’
    Le temple est superbe et j’aime beaucoup la photo en contre-jour du coq (ou phénix ?!).

    Sinon concernant le plantage des articles (et pas commentaires), je fais toujours un enregistrement du brouillon. J’ai pas confiance et surtout j’ai pris l’habitude.
    (bon cette fois je fais un ctrl+c pour éviter de perdre mon texte)

    • Merci Ky,! Oui c’est bien un phœnix!

      Pour les enregistrements de brouillons, je le fais en général, mais pas toutes les 5 minutes… là j’ai vraiment pas compris comment j’ai pu perdre 1 heure de sauvegardes… bref, tant pis ^^ Après ça j’ai fait des save toutes les 3 minutes lol!

  2. Des détails, des textures : j’aime, j’aime, j’aime ! Par contre, je commence à me demander si le coin n’a pas un micro climat « anti-photographes » : j’y suis allé deux fois et, à chaque fois, j’ai également eu de gros problèmes niveau luminosité. >_<

    Merci pour la présentation du sanctuaire du début aussi : je me sens tout con de l'avoir loupé alors que c'est un site Unesco. @_@
    Méga spéciale dédicace à la 7076bis, la vue de côté tout en longueur : je "kiffe grave" comme on dit dans les milieux autorisés !

    • Merci Fred! Ouais c’est sur que le temps n’a pas été des meilleurs pour les images, mais en fin de journée (enfin plutôt millieu d’aprem mais tu connais la durée d’ensoleillement ici…) c’était tout à fait convenable… Il aurait juste fallu tourner le temple😀

      Si je n’avais pas cherché son nom sur internet en écrivant l’article j’aurais coninué à considérer Ujigami-jinja comme un « chouette sanctuaire caché »… et si nous n’avions pas eu cette attente avant les cormorans, très clairement je l’aurais raté aussi! Tu ne le louperas pas à ton 3ème passge😉

      Et merci pour la photo, là aussi j’ai attendu un rayon de soleil un petit bout de temps🙂

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