Poissons, du verbe poisser.

Hum… bon… voilà… c’est donc 2 mois et demi après mon dernier article que je reprends la plume. Faisons comme si rien ne s’était vu, et comme si personne n’avait remarqué mon absence… Merci à ceux qui se sont inquiété, il ne fallait pas. Un blog, c’est chronophage et ayant eu beaucoup moins de choses a raconter, je me suis laissé allé à une pause prolongée. Ne te réjouis pas trop vite, je n’ai pas grand chose de neuf, mais au moins, je prends le temps de te raconter notre sortie qui commence à dater un peu, et qui ne m’avait pas transcendé non plus, au très récent aquarium de Kyôto. Alors si tu me connais, tu sais combien j’aime les aquariums, et en particulier celui de ma tendre ville chérie, le Kaiyukan (oulà je constate avec stupeur et tremblements que notre dernière visite à ce dernier remonte à Septembre 2010, il va falloir mettre à jour…). Le challenge d’ouvrir un autre grand aquarium si près d’Ôsaka me semble très contestable, et pour tout dire, assez mal inspiré de la part de la ville de Kyôto selon nous (ce « nous » désignant mon chauvinisme exacerbé et moi même). Mais allons voir ce que nous y est proposé, on pourrait être surpris…

Nous approchons du bâtiment, et déjà je nous félicite d’être venu un dimanche en début d’après-midi. L’aquarium a moins de 2 mois à ce moment là, il ne fait pas franchement beau, toutes les conditions sont réunies pour qu’il n’y ait personne… je veux dire qu’il n’y ait personne ailleurs au Japon, et que tout le monde soit là. Et effectivement, l’endroit est bondé.

Il ne me faudra donc pas plus de 5 minutes, le temps d’arriver jusqu’à l’entrée, pour décider que cet aquarium est nul et qu’on aurait mieux fait de rester à la maison. J’exagère, mais à peine. Alors nous voilà devant la caissière, ma voisine de devant est une illustration parfaite de ce que je déteste chez les Japonaises, un subtil mélange de Barbie, de Chapelier fou et de bouteille de parfum ambulante, on y reviendra, et nous nous acquittons des droits d’entrés, 2000 yens, soit environ 20 euros, ce qui est le même prix qu’à Ôsaka, mais là, nous trouvons (mon chauvinisme et moi, rejoints par ma mauvaise foi) que c’est vraiment très cher.

Comme je suis un gars correct, je décide de laisser mes deux compères à l’entrée, et me concentre pour observer ce nouvel endroit d’un œil impartial. Malheureusement, dès la première salle, toutes mes bonnes résolutions vont tomber… à l’eau… bein oui, fallait s’y attendre dans un aquarium… Bon alors j’explique tout de suite ce qui m’a vraiment énervé : la circulation. Bien entendu, nous sommes dimanche, c’est gavé de monde, c’est normal. Mais les autres aquariums que nous avons visité ne l’étaient pas moins. Ici, ce qui pèche (jeu de mot inside), c’est que l’organisation des couloirs n’est pas aussi bien pensée qu’ailleurs (et principalement à Ôsaka au hasard), où l’on descend en spirale autour du grand bac central, avec d’autres bacs sur le pourtour extérieur. Grâce à la foule qui nous comprime, nous ne voyons même pas s’il y a des poissons ou non dans ce premier bac, et avançons sous la menace de mourir piétiné tout à la fois par un enfant de 4 ans, une mamie de 95 ans et son déambulateur.

Nous avançons en direction du bac principal, tout en passant devant, ce que j’ai cru être, un bac de phoques. Non, je parle des animaux dans l’eau, pas de nous autres visiteurs! On se dit que ça doit être sympa de voir s’il y a des phoques, et trouvons un passage dérobé qui nous emmène à l’arrière du bassin, l’occasion d’observer un animal qui passe nonchalamment et les Japonais qui passent, moins nonchalamment.

C’est ensuite devant le bassin des pingouins que nous passons, ou pour être plus précis, sous ce bassin. L’installation est sympa puisque nous pouvons observer les bestioles par dessous, le seul problème (outre la foule mais je vais pas y revenir à chaque fois), c’est qu’il n’y a que peu de pingouins à observer.

On peut s’amuser à retourner l’image pour faire croire à un pingouin qui fait la planche…

On passe donc encore vite ici, de toute façon, on n’a pas vraiment le choix, si l’on veut garder la tête « hors de l’eau »…

J‘ai quand même le temps d’une pensée émue pour ce pingouin qui, à la grâce de cet angle, semble presque voler dans un ciel perturbé par cet étrangeté de la nature.

Mais continuons car nous approchons enfin (ou plutôt « déjà ») du « Bac Principal », celui qui doit en jeter vu qu’a quelques kilomètres d’ici, nous en avons un pour le même prix avec des requins-baleine (plus qu’un en ce moment parait-il), des raies manta, et une des plus grandes contenance du monde…

Bon, pas la peine d’essayer de mettre ça sur le compte de la foule, de l’agacement de la mauvaise foi, ou je ne sais quoi, là, même plusieurs semaines après, je peux l’affirmer haut et fort, je me suis senti berné. Certes le bassin est grand, il abrite quelques espèces variées (aucune extraordinaire cependant), mais sincèrement, encore une fois, on est obligé de comparer avec le Kaiyukan vu la proximité, et là, y a pas photo, il n’y a rien à voir ici. Je suis vraiment déçu. Je me rabats sur cet employé au courage exemplaire qui nettoie une tache sur la moquette à l’aide de son binôme qui lui sécurise un périmètre en faisant barrage aux enfants de 4 ans, aux mamies de 95 ans, et aux déambulateurs décidément très dangereux…

Au service de la propreté au péril de sa vie… Un grand monsieur en T-shirt blanc, au crâne dégarnis et à la boucle d’oreille exagérément grosse peut en prendre de la graine. Mais revenons à nos poissons.

Je shoot un peu au hasard dans le bac, rempli d’une cacophonie de poissons. Quelques beaux spécimens quand même, faut pas jeter bébé avec l’eau de l’aquarium non plus…

Mais j’ai le plus grand mal à imposer ma volonté artistique à ce bouillon d’écailles et ne parviens pas à sortir la moindre photo que je juge intéressante (ce qui ne m’aidera pas dans les semaines à venir à rédiger cet article, et alimentera donc un peu plus le trou béant dans l’activité de ces pages, donc tu vois, c’est pas ma faute, c’est celle de Kyôto).

Non, là c’est franchement mauvais, allez hop, on circule, prochaine étape…

Ah… bein retour aux pingouins, par le dessus cette fois.

Là encore c’est très vite plié, les 5 pauvres oiseaux qui se courent après ne passionnent personne. Aïe aïe aïe, ça commence à être bien difficile de se dire que je vais rencontrer l’élément qui va me faire changer d’avis…

Nous repassons par l’arrière du bac principal, et là aussi, nous pouvons observer l’endroit d’où nous venons, légèrement en contrebas. Mais là où une bonne idée aurait pu germer, nous n’avons droit qu’à une fenêtre d’un mètre sur un mètre, rendant l’effet grotesque et inutile. Pas d’observation optimisée des poissons, vraiment dommage. Nous continuons donc vers une enfilade de pièces regroupant de tout petits bacs, et un petit bassin dans lequel les enfants surexcités peuvent toucher quelques poissons. Un grand classique des aquariums, mais, là encore, désolé d’enfoncer le clou, ridiculement petit par rapport aux concurrents. C’est tout de même l’occasion pour moi de m’approcher des animaux et de tenter quelques photos plus « apaisantes » sur fond bleu.

Parmi les rares bonnes surprises, il y a eu ces « crevettes » colossales qui m’ont presque plus impressionné que les araignées de mer géantes que l’on a vu dans d’autres aquariums.

A noter aussi une autre excellente idée, cette ouverture sur un laboratoire, offrant quelques explications sur les cycles de vie des méduses notamment.

Dommage que cette idée ne soit pas plus exploitée car je l’ai trouvée originale et bien mise en scène, malheureusement, la circulation étant catastrophique ici aussi, nous ne pouvons nous y attarder, et ne retrouverons cette idée nulle part ailleurs… Nous approchons donc les méduses. Et parlons-en des méduses. Si tu aimes aussi les aquariums, tu sais qu’en général elles sont le bouquet final de la visite. Variées, colorées, géantes, minuscules, à longue traine, il y en a des myriades qui terminent en beauté l’escapade dans les fond marins…

Ici tu n’auras droit qu’à celles là. Jolies certes, mais bien fades face aux multitudes déployées par la concurrence, encore une fois si proche… Je ne peux qu’espérer qu’à l’avenir cela se développe un peu…

Je ne veux pas en faire des tonnes ou être trop théâtral, mais c’est un peu bouche bée que mon épouse et moi même arrivons au terme de notre visite…

Non, ce sont des murènes, ça! Ma femme et moi avons meilleur mine quand même… Quoi qu’il en soit, je fulmine un peu, râle pas mal et suis déjà prêt à rentrer à la maison quand Sakura me rappelle qu’il y a, ici, un spectacle de dauphins qu’il n’y a pas à Ôsaka (j’ai cru comprendre qu’il y avait un spectacle maintenant aussi au Kaiyukan mais je ne l’ai jamais vu). Damn! Me dis-je, voilà bien la dernière occasion pour cet aquarium Kyôtoïte de me démontrer qu’il a une raison d’être, à par faire ch… hum… empiéter sur le peu de touristes qui passent une journée à Ôsaka. Allons voir ce show digne des plus grands Marin-lands, il y en a un qui commence dans 30 minutes justement…

Zut! Visiblement, le reste du Japon a été prévenu avant nous, et il n’y a déjà plus de place, même debout dans un coin. Nous nous retrouvons donc en haut des gradins, contre le mur du fond, avec encore quelques personnes debout devant nous. Je ne suis déjà pas fana des spectacles d’animaux comme ça (en général je n’y assiste pas), mais là je sens poindre l’agacement maximal. Allez, on s’accroche, on positive, même sans Carrefour, et on se persuade que quand les dauphins commenceront à sauter dans des cercles en feu, on oubliera ses petits tracas.

Une délégation de mammifères marins passe et repasse, histoire de faire patienter tout le monde, et je retrouve avec plaisir l’espèce de poupée Barbie Sushi qui était devant moi à la caisse, suffisamment loin cette fois pour que son parfum ne m’étrangle pas, et pour tirer un portrait pour toi. Tu peux observer en détail à quel point cette femme n’en est pas une. Je me demande même si ses cheveux ne sont pas une perruque vu combien les jeune filles ici aiment ça…

L‘attente se prolonge et finalement, une musique commence.

Les équipes se mettent en place, une voix dans le speaker nous raconte le vie des dauphins. Je ne vais pas jouer le suspens, le spectacle était nul. Néanmoins, je dois dire que je pense qu’il était nul en tant que spectacle parce que peut être plus respectueux des animaux. En gros, ils ne font rien d’autre que sauter. Pas accessoires, pas de jeux de ballon ou je ne sais quoi que j’avais pu imaginer… Mais du coup, voir 4 dauphins sauter en boucle pendant 15 minutes… l’intérêt est relatif quand on n’a pas 4 ans, 95 ans ou qu’on n’a pas de déamb… euuh non plus rien à voir là..

Le moment fort du show étant celui où l’on fait venir fifille et son popa pour tenir les nageoires du dauphin. On rit follement lorsque l’enfant rate la prise, et qu’on doit demander à Flipper de revenir, et puis c’est le tour de popa, on rit follement de le voir gêné de n’être pas sur de bien faire…

Le tout, comme tu le constates, en faisant des slaloms entre les têtes des gens devant moi pour tenter de, malgré tout, ramener quelque chose à mon lecteur, et justifier le fait d’avoir foutu 2000 yens à l’eau.

Allez Flipper fais moi oublier mes malheurs, quelques sauts c’est toujours sympa. Au premier la foule s’écrit OUAAAAAH, au deuxième OUaaaaaah, le troisième fera naître un ouaaah, mais dès le 15ème, plus aucune réaction ne se fera entendre. J’exagère, il n’y en a même pas eu 15…

Voilà. Cétacé dit la baleine, (rooh le jeu de mot périmé) et c’est par un salut caudal (celui là je l’inscrit dans mes jeux de mots réussis si tu me le permets), que les animaux nous demandent de quitter les lieux. Je ne me ferai pas prier, et c’est tout gromelant que je rentre chez moi. Plusieurs semaines après, je constate que je n’ai pas changé d’avis sur l’endroit, et je dirai en conclusion que s’il faut impérativement visiter Kyôto pour ses temples époustouflants, je supplie les touristes ou les futurs visiteurs de laisser la primeur des visites d’aquariums à ceux qui en valent la peine. Sincèrement, mon jugement ne pourrait être meilleur que s’il n’y avait pas d’aquarium dans la région. Mais à quelques kilomètres du Kaiyukan, et pour le même prix, je trouve l’ouverture de celui-ci plus que contestable. Ici aucun poisson rare, pas de partie sur les contrées amazoniennes et leurs poissons géants, pas de marsouin aptère, bref, un service minimum aquariumistique… Alors si ton cœur balance encore, je te le dis : va au Kaiyukan d’Ôsaka!

A bientôt (j’espère), et pour de plus intéressantes découvertes (j’espère aussi).

10 réflexions sur “Poissons, du verbe poisser.

  1. J’aime beaucoup la photo des visiteurs se trouvant derrière la vitre ébahis devant les poissons ayant plus d’espace (finalement c’est qui les plus heureux )
    Par contre en lisant la partie sur les dauphins , je ne peux oublier le film « The Cove » (la baie de la honte) tournée au Japon sur le massacre des dauphins pour leur chair
    C’est comme le dents de la mer , marqué a vie😦
    Mais je suis ravis de pouvoir te lire a nouveaux ^^

    • Merci Ishiru!!
      Heureusement qu’ici les dauphins sont bien traités quand même, tous les Japonais ne sont pas de vils pêcheurs sans foi ni loi, et tous les pêcheurs sans foi ni loi ne sont pas Japonais😀

  2. ah!ah!ah! tes gènes de français râleur refont surface mais effectivement ta visite fut chère mais bien amusante pour nous. A bientôt

    • Ils ne sont pas très loin sous la surface ces gênes là, simplement souvent absents du blog. Mais là, vu la pénurie de sujets ces temps-ci, j’ai dû garder cet article dans ma sélection, et vu la haute dose de déception de cette visite, je ne pouvais pas les camoufler convenablement…:mrgreen:

  3. Youhou ^o^
    Contente de te lire enfin … désolée de poster si tard mais tu te doutes bien que je n’allais pas oublier😉

    Houuu on peut dire que cet aquarium est à éviter vu la pub que tu en fais MDR
    Dommage car c’est toujours sympa à visiter un aquarium. Mais là tous les élément étaient réunis pour te décourager.
    Bon à souhaiter un prochain article pour bientôt même si c’est dans le même ton😉

    ps : j’adore toujours autant des jeux de mots xD
    :fan inside:

    • héhé merci beaucoup Kyn, oui je me doutais que tu ne serais pas trop longue à réagir:mrgreen:

      Pour le prochain article, il arrive très bientôt (aujourd’hui ou demain) et rassure toi, il sera sur le ton habituel🙂

      J’ajoute tout de même que quand on aime les aquariums, et si on a le temps de visiter les deux, évidemment celui de Kyôto n’est pas complètement à bannir. Par contre si vous ne devez en choisir qu’un entre celui là et celui d’Ôsaka, clairement mon conseil (qui n’est qu’un conseil) est de donner la priorité à celui d’Ôsaka😉

  4. Le spectacle m’a vaguement rappelé celui de l’Umi tamago à beppu cet été.
    Bon en tout cas maintenant nous avons qu’il ne faut point y aller🙂 Merci d’avoir testé pour nous haha.

  5. Aaah ! Enfin ! Impossible de me connecter à ton site depuis 4 jours : pas de soucis de ton côté cependant, c’est ma connexion internet qui n’est pas au top. >_<

    Bref, content de retrouver les mises à jour : j'adore le premier cliché… et les commentaires sur les déambulateurs !😉

    HS : je vais passer vers Osaka la deuxième moitié d'août, vous aurez un peu de temps de dispo pour un verre, un restau ou une balade ?

    • Content que tu puisses enfin revenir par ici🙂
      J’aime bien l’idée du premier cliché, mais je suis déçu de ne pas avoir obtenu mieux… mais dans la mesure où j’étais agressé par des déambulateurs, je m’estime heureux:mrgreen:

      Bien entendu nous serons dispo, donne moi une date dès que tu en as une, et on confirme/organise ça avec plaisir!!

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