Au Japon

Fleur de Province

Nagoya… Un nom qui fait frémir les touristes et rire les Japonais. Elle fait partie de ces villes dont on dit qu’il n’y a rien à y faire. C’est une chose qui m’intrigue vraiment de plus en plus pour être franc. Les critères qui décident si une ville « vaut le coup » ou pas. Qui décide? Pourquoi? Comment? Dans quelle mesure est-ce vrai? J’ai passé 3 jours en immersion pour essayer d’y voir plus clair… Alors cette ville est-elle trop grande? Trop grosse? Trop mince? Ou est-elle comme Charlotte Julian?

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Franchement avant de venir, je ne savais rien, ou presque. J’avais une image de la ville vraiment fade, et du coup, assez étrangement, en sortant de la gare, je tombe sur le building de la fac de mode, et je m’exclame un truc stupide du genre « ah mais c’est moderne quand même!! »

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Haha le bourricot qui croyait débarquer dans la cambrousse. Le voilà encerclé par les gratte-ciels du quartier autour de la gare, le tout saupoudré de sculptures et autres œuvres d’art contemporaines. On y reviendra en fin d’article, mais à ce moment-là, je trouve que pour une ville nulle, ça a de la gueule.

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Quel est le réflexe de tout touriste qui vient au Japon? Voir des temples ou des buildings non? Alors puisqu’il faut bien commencer quelque part, j’ai décidé d’aller au temple Ôsu Kannon en bonne place des recommandations des sites ou chaines youtube qui prennent la peine de consacrer des lignes et des minutes à Nagoya. Guigui, le poto d’Ichiban Japan m’a vendu du rêve avec les pigeons qui peuplent l’endroit dans sa super vidéo « Sexy Nagoya« 

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En s’approchant on constate déjà sur les trottoirs des… œuvres d’art… qui célèbrent l’envol des graciles volatiles. Mais si, je te dis que ce sont des pigeons… des bananes auraient été jaunes voyons… enfin je pense.

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Et voilà l’entrée. En cette période de fin d’année (nous sommes le 29 Décembre), beaucoup de monde est venu prier. A ces dévots il faut ajouter la foule de touristes Chinois et autres voisins d’Asie qui, eux, visiblement ne boudent pas Nagoya.

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Sous les regards d’une bande de loubards à plumes qui gardent leur territoire, on passe le portail.

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Avec la bénédiction d’un Chapi aux tétons d’or.

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Et l’on découvre le bâtiment principal, animé par des envolées colombines (c’est l’adjectif relatif aux pigeons en général hein, ça fait plus classe que de dire « des flopées de rats volants »… mais c’est pareil).

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Le temple, dont le nom officiel est en réalité Kitanosan Shinpuku-ji Hōshō-in, date de 1333 et est le premier d’une succession de 33 temples consacrés à Kannon dans l’ouest de la préfecture d’Aichi et dont voici la liste.

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On s’intéresse tout de suite à quelques détails, entre deux pigeons bien camouflés (tu me crois, tu me crois pas, mais les cinq compères de la photo ci-dessus, je viens juste de les voir maintenant en écrivant l’article… haha ils sont vraiment partout les filous!)

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Quelques belles pièces ornent les toits comme ces Shishi sans chichi mais de très belle facture (même si je ne connais pas leur prix).

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Et bien entendu que serait un temple estampillé « Kannon » sans Kannon dans la cour pour nous faire la cour? Celle ci déverse une eau imaginaire dans une vasque réelle qui sert plus d’abreuvoir aux Piafs, que de bain de pied à notre Edith de bronze.

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Je crois n’avoir jamais rencontré autant de personnes qui détestent les attroupements d’oiseaux que parmi les Japonaises. Il existe un nombre incroyable de filles qui qualifient ces hordes zélées de « kimoï » (comprendre « dégueulasses »), et qui poussent de petits cris stridents dès qu’une nuée leur vole dans les plumes.

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Inutile de dire qu’aujourd’hui aussi certaines d’entre elles, plus téméraires que les autres et qui ont bravé leur aversion aviaire, sont tout en prises de bec avec leurs peurs les plus primales. D’autres, en revanche, semblent apprécier la compagnie des symboles de la Paix grisonnants.

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Bon, je me moque des filles qui trouvent les pigeons ignobles, mais il faut appeler un chat un chat, et comme dirait Kadoc :

« Le caca des pigeons, c’est caca, faut pas manger! « 

Brice Fournier, Kaamelott, Livre III, 24 : Les Suppléants

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Et de fait, quand on y regarde de plus près, ils foutent un beau boxon, et si on tente l’aventure de les regarder vraiment bien… faut avouer qu’ils ne sont pas toujours engageants…

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Oui, c’est de toi que je parle…

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Revenons donc au temple et jetons un œil au Shôrô, simple mais charmant.

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Direction ensuite la file d’attente des demandes de bénédictions. On s’aligne, on attend, on jette un sou, on tape des mains, on dépose sa réclamation…

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Sans oublier de s’attirer les parfums d’encens pour repartir plus chanceux et plus riche qu’au sortir d’un magasin Lancôme.

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Bref, un temple tout à fait agréable à voir, plus petit que je ne l’avais imaginé, mais qui mérite clairement un crochet -ni du droit ni du gauche- si tu passes dans le quartier. Je me retire en saluant encore une paire d’autochtones.

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Juste à côté de là se trouvent deux galeries marchandes, les fameuses shotengai qui sillonnent le pays et dans lesquelles rivalisent les cris des restaurateurs, les odeurs de leurs produits, les musiques que les enceintes de magasins de vêtements bon marché crachotent, et les rires des enfants en vacances. Celle-ci est bien remplie…

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Je décide de remonter l’autre, parallèle mais presque, et moins bondée.

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Au moins dans celle-là, on ne perdra pas la boule…

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Haha.. la boule… t’as compris? hum… bon… soyons sérieux et prenons cette petite rue adjacente en direction de ce que Google map présente comme un parc. Chemin faisant…

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Trêve de plaisanteries, nous voilà aux portes d’un minuscule sanctuaire. Le type de cadre que j’aime. J’essaye de comprendre pourquoi tout en photographiant la structure en bois somme toute basique… quand mon œil est attiré par le fond de la scène. Mais si, regarde bien…

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Aaaah te voilà Japon honnête! C’est vraiment étrange. Est-ce que ça vient de mon amour pour Osaka et ses ambiances populaires? Est-ce que ça vient du fait qu’on est tellement éduqués à coup d’images d’un Japon aseptisé, propre, futuriste? Je ne sais pas… mais j’ai développé ici un amour du vieux à l’abandon, de la rouille, du rafistolé. S’il s’agissait de mon pays natal, je dirais probablement que c’est vraiment pourrave. Alors pourquoi ici je l’aime? Est-ce parce qu’on trouve ça un peu partout? Juxtaposé à ça :

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Je ne sais pas… Mais ce qui est sûr c’est que ces ruelles ne sont pas dépaysantes pour moi, habitué à celles d’Osaka. D’ailleurs, hormis la taille et le nombre de passants (encore une fois, fin d’année, un jeudi…), je ne vois pas de grande différence avec ma cité chérie, et je saute de temples en sanctuaires, tous plus petits les uns que les autres, mais toujours avec les mêmes intérêts…

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Car après tout, je n’ai de cesse de le répéter mais l’intérêt des choses est bien plus dans ton œil et dans le regard que tu leur portes qu’en elles-mêmes. C’est typique, les gens qui se déplacent au Japon avec pour seul objectif ce qu’ils ont vu dans l’objectif des autres, finalement, viennent, et ne regardent pas. Mais il faut bien comprendre, quitte à ce que je prêche contre ma paroisse, qu’il n’y a rien de plus mensonger qu’une photo.

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Tiens par exemple, ici, au milieu d’un quartier désert, entre les bureaux préfabriqués aux gouttières rouillées, en repartant de ce petit sanctuaire, je suis attiré au loin par quelques lanternes rouges. Je dégaine machinalement le 250mm, et alors qu’il n’y a rien, mais alors, rien à voir, en un coup de cadrage, je me retrouve avec l’une de mes images préférées de ce trip à Nagoya. Moralité : si tu ne regardes pas tout autour de ce que les autres t’ont montré, tu ne verras rien à toi.

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Franchement, je garde un meilleur souvenir des ces 30 minutes dans les rues abandonnées que de tout le reste… Peut-être aussi parce que tu te sens comme un privilégié d’avoir su voir la beauté dans ce graffiti que probablement personne ne regarde à moins de lever les yeux au dessus de ce parking vide.

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Désolé, c’était le moment un peu « j’t’apprends la vie », mais je crois que je me parlais plus à moi même en fait… Et puis j’ai de plus en plus de « jeunes » lecteurs (pas d’offense envers mon public fidèle depuis des années hein…), et c’est un message sur lequel je veux insister auprès d’eux, avec le fol espoir d’en faire les touristes parfaits et qu’ils aient leur souvenirs à eux, et pas des copies de ceux des autres.

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Toujours chemin faisant en direction de notre parc, me voilà devant le studio du célèbre tatoueur Genko. Un homme aux talents remarquables, que j’avais contacté à une époque pour des affaires relatives à mon activité sur le site inkage. Franchement j’hésite à entrer pour simplement le saluer et lui signifier mon admiration pour son travail, mais, trop timide, je me dis qu’il est surement occupé avec un client, et je continue mon chemin.

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Nous ne sommes plus maintenant qu’à quelques pas de notre destination, et d’autres œuvres se dressent devant nous, sous les autoroutes suspendues, habituelles bretelles qui soutiennent les culottes des centres-villes.

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Et lorsque nous arrivons à Shirakawa koen, c’est moins un parc qu’une grande esplanade que l’on découvre, autour de laquelle sont déployés les deux musées municipaux des Sciences et d’Art.

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Le musée des sciences est, m’a-t-on dit, un excellent musée. Mais malheureusement, en cette période de fin d’année, il était fermé.

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Fort heureusement devant lui se trouve une jolie fontaine qui va m’occuper un bon quart d’heure…

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Puis, au grès de la promenade sous un soleil agréable mais qui peine à faire oublier le froid pinçant, me voilà nez-à-bec avec mon oiseau totem (à moins que ce ne soit mon tot’aime?). Jamais loin de moi, fort heureusement.

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Mais si on a pu croiser de jolis petit moineaux dodus, des pigeons en troupeau ou de beaux corbeaux aux plumages d’eben, il nous restait une autre espèce d’oiseaux à rencontrer…

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L’enfilade de canards en plastique. Garants d’une sécurité mais de laquelle? Pas celle de ma santé mentale à en juger par le tweet que ce moment m’a inspiré…

Après cette petite promenade agréable, il est temps pour nous de rejoindre l’hôtel pour faire une pause avant le dîner.

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Les escalators de Nagoya sont amusants… Bon d’abord, comme dans tout le reste du Japon, à l’exception d’Osaka, on s’y tient sur la gauche, une véritable torture pour mes habitudes, mais en plus, on y trouve en énorme, collés sur les murs, des messages d’interdiction de… MARCHER. Eh oui, il paraît, en fait, qu’officiellement, il est toujours interdit de marcher dans les escalators, mais que seule Nagoya ose encore espérer faire respecter cette règle de sécurité.

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Sinon dans les couloirs du métro, on trouvera des indications aussi claire que des Senjafuda collés sur un sanctuaire. Pour mémoire, les Senjafuda ce sont des amulettes de protection qu’on colle sur les sanctuaires, comme ça :

ou encore des bancs disposés à deux bornes du mur… Parce que pourquoi pas?

Bref, après une petite pause à l’hôtel pour trouver un restaurant, nous nous rendons dans un quartier désert pour y déguster notre Hitsumabushi.

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Hitsuquoi??

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Hitsumabushi est une façon typique de Nagoya de déguster l’anguille.

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Après la mise en bouche, on nous apporte notre plateau, avec tout ce qu’il faut pour préparer tout ça.

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Pour faire simple, tu as ton bol de riz recouvert d’anguille grillée, et les ingrédients à ajouter comme du wasabi, de la cébette (oignon vert, jeune oignon, comme tu veux), et du thé pour finir en ochazuke, qui consiste à faire baigner le riz dans le thé chaud. C’est délicieux. Bref, pour les détails de comment manger l’Histumabushi correctement, je te renvoie à cet article (en anglais).

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Une fois repus, retour à l’hôtel. J’avoue que j’ai été très étonné du calme qui régnait dans la ville, ainsi que des heures affichées sur les sites internet des restaurants du centre-ville de leurs « last order », la dernière commande possible (20h00, contre 22h30 en moyenne à Osaka)… Ça, faut admettre, le soir Nagoya est… calme…

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Pour notre deuxième journée, on a décidé de bouger un peu en dehors de Nagoya, parce que les attraits d’une ville, ce n’est pas seulement la cité elle-même mais aussi ses alentours, et à cet égard, Nagoya est loin d’être ennuyeuse. Direction le château d’Inuyama.

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Un peu comme les images dont je parlais plus haut, celles des internautes qui visitent le Japon et qui alimentent les motivations de visites des nouveaux explorateurs, une ville doit être vue à mon avis comme un point de départ qui ouvre des perspectives personnelles et permettent de faire ses propres souvenirs.

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Inuyama n’est pas franchement un lieu secret, mais bizarrement, lorsqu’il s’agit de château et de Nagoya, on se limite souvent au château de la ville, alors qu’Inuyama est autrement plus important dans l’histoire des châteaux nippons. (Paranthèse, je remarque sur la plaque d’égout qu’on pratique ici aussi la pêche au cormoran, si celle-ci t’intéresse je te renvoie à Uji, le jour où Sakura et moi avions assisté à une démonstration!)

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Bref! Situé en surplomb du fleuve Kiso, Inuyama-jô est l’un des 12 châteaux japonais datant de l’époque Edo encore debout. Nous décidons d’y accéder non pas par la gare d’Inuyama, mais par une gare plus petite, plus proche, et qui nous fait remonter le fleuve.

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Le temps est radieux, mais le vent est froid et cinglant. Un vrai froid de canard… ou de héron.

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On distingue déjà le donjon en haut de son rocher. Le bord du fleuve est jonché de cerisiers qui rendent la balade bien plus attrayante au Printemps. Quand on arrive au pied du château, on découvre, étonnés, des magasins de souvenirs fermés… ça aurait dû nous mettre la puce à l’oreille…

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Mais en bons optimistes, on décide de se restaurer un peu avant d’entamer la visite, et c’est à coup d’oden (sorte de pot-au-feu japonais) et de sushi de bœuf (si si), que nous remplissons nos petits estomacs rafraîchis par l’air hivernal.

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Une fois le plein de super fait, nous nous présentons au pied du château, peuplé de plusieurs sanctuaires que nous nous attelons à parcourir.

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Des torii et des ponts…

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… des petits autels…

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… les incontournables komainu figés dans leur mission de protection…

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… ou des dragons cracheurs d’eau bénite…

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On se régale de tout ce qu’il y a à voir d’évident, et des détails parfois moins visibles à l’œil pressé.

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Le tout est vraiment charmant, et baigné dans cette lumière claire et pure, c’est un vrai régal pour les yeux.

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Quand on en a fini un on passe au voisin, rouge cette fois, et on entame l’ascension douce qui mène au château né en 1440 (les dates de ce château souvent considéré, à tort, comme le plus ancien du Japon, c’est un peu le bazar alors je te renvoie à la page wiki si tu t’intéresses à son histoire).

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Nous, on se contente de ce qu’on nous donne à voir, comme ce couple de grenouilles sacrément liées.

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Arrêt au stand bénédiction…

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L’année 2017 pointe son nez, et on attend déjà beaucoup d’elle… L’amour, l’amour, et surtout un peu d’amour.

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Un clic clac d’iphone ou un selfie devrait suffire, et pour doubler les chances, on en ajoute une paire sous l’enfilade de torii, ça coûte pas plus cher.

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Le chemin continue de monter doucement, on y croisera un autre sanctuaire, et…

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… une statue de…

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…euuuuh… carrousel?

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Et puis ça y est! Enfin, nous voici aux portes de l’Histoire. L’air ambiant est empli d’une charge émotionnelle nostalgique, en ce haut lieu des jours anciens d’un pays extraordinaire, au destin unique, j’ai hâte d’entrer dans ce château qui est…

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FERMÉ??? T’es sérieux??? Mais… mais…. mais enfin!!! Mais pourquoi??? mais… Ah ouais… Nenmatsu hein? Les vacances de fin d’année quoi… pourquoi on a pensé à vérifier si le musée de sciences (après l’avoir trouvé fermé hier) serait ouvert demain, et on n’a pas pensé à vérifier le château??? Mais quelle bande de… touristes va!

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Et quand tu te retournes et que l’écriteau se fout bien de ta pomme, c’est encore mieux…. Bon allez, on se démonte pas, de toute façon les vieux châteaux, dedans, y a jamais rien que du vieux bois. Alors puisque la spécificité de celui-là c’est d’être en surplomb, allons le voir d’en bas.

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On procède donc à faire le tour de la bête par le bas. Effectivement, c’est très beau, et la clarté du ciel ne fait que souligner magnifiquement la silhouette féodale, qui se marie aux quelques nuages blancs venus saluer les toitures noires.

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Bon mais à part en tirer de la prose, je n’ai guère de choix de compositions, et je me contente d’alterner les distances focales.

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Le projet est maintenant de remonter sur l’autre berge du fleuve, pour capturer le bâtiment sous tous les angles possibles, mais on ne s’interdit pas de shooter aussi cette grande roue forestière…

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Ou ces petites roues végétales trouvées au bord de la route que l’on remonte en serrant les fesses car le trafique est aussi dense que le trottoir est inexistant.

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Jolie forme et jolies couleurs, rien que pour elle, je ne regrette pas d’avoir fait la route. Une seule fleur, si tu l’aimes, mérite bien un peu de temps non?

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Mais mon objectif ne perd pas de vue son objectif, sans quoi je ne serais pas objectif sur la raison de ma présence ici.

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Le voilà maintenant de 3/4 face, comme s’il tournait vers nous un regard amusé. « Vous ici? haha vous n’abandonnez jamais hein? »

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Un milan noir, seul, vient ponctuer le bleu du ciel comme un grain de beauté au dessus d’une lèvre et qui en accentuerait l’éclat du sourire.

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Et ainsi, on regagne notre gare dans les rayons du soleil descendant, bravant l’éblouissement des reflets dorés pour une photo de laquelle jaillira l’éblouissement de la forme découpée d’un château centenaire qui surveillait un fleuve.
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Et de retour à Nagoya, nous arpentons les sous-terrains à la recherche de quelques omiyage (petits souvenirs) que tout bon Japonais se doit de ramener à sa famille et ses amis lors d’un voyage dans une autre préfecture. Moi en bon Français, je me suis payé des gâteaux pour moi. De toute façon j’ai pas d’amis.

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Nagoya est effectivement une ville sur deux étages, le réseau de sous-terrains est extrêmement développé, un peu comme au centre ville d’Umeda à Osaka, mais en bien plus étalé, d’après ce qu’on m’a dit. Nous n’en verrons qu’une partie, relativement calme à certains endroits (même si la photo suivante a été prise plus tard, quand même faut pas abuser, Nagoya c’est calme, mais c’est pas le trou du derrière du pays non plus!)

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On passe par la case hôtel, petit repos et admiration du coucher de soleil pastel.

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Puis il est l’heure d’aller dîner. Ce soir c’est Tebasaki, une autre spécialité culinaire de la ville, qui en a un sacré paquet à son menu. Il s’agit simplement d’ailes de poulets grillées et épicées de différentes manières. Simple, efficace, succulent. On passe par Sakae, le quartier le plus animé de la ville, mais je n’en rapporte même pas d’image… C’est dire si le taux de monde au mètre carré n’est pas représentatif pour moi de la qualité ou de l’intérêt de se déplacer dans telle ou telle ville…

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Le lendemain, il est temps de rentrer à Osaka, non sans avoir pris le temps d’un déjeuner improvisé avec le Grand Hideto, youtubeur devant l’Éternel, au contenu de haute qualité que je t’encourage à découvrir sur sa chaîne si jamais tu ne le connais pas encore. Le gazier était de passage à Nagoya ce jour là et a eu la gentillesse de m’accorder un peu de temps pour déguster une dernière spécialité de la ville, une de plus…

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Dernier couple de photos pour la route dans un temple qui borde une rue plus « à l’ancienne » que la moutarde…

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Qui elle-même borde le quartier de la gare ultra moderne, aux perspectives qui donnent le tournis.

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Et finalement, c’est bien tout ce qu’on aime ici au Japon. Être dépaysé en l’espace de deux rues, être bluffé, étonné, fasciné. Du temple aux vitrines vieillottes, des foules aux déserts urbains. Alors je n’irais pas jusqu’à dire que Nagoya mérite d’être en tête de liste des lieux à voir pour un premier voyage, mais quand on aime le Japon pour ce qu’il est vraiment, et non pour l’image qu’on a de lui, Nagoya est clairement une ville riche en intérêts.

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Une fleur moderne qui prend racine dans un terreau de culture populaire assumée et ô combien nécessaire à l’épanouissement des plus belles plantes. Roses ou pissenlits, quand on aime les fleurs, on ne distingue pas.

A bientôt!

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32 comments on “Fleur de Province

  1. Superbes photos avec toujours autant d’originalité!
    On n’a pas tous la même vision des choses, mais j’aime beaucoup la tienne.
    Dans ma mémoire, Nagoya rime trop avec Toyota… 25 ans déjà.
    Je n’y suis jamais retourné, je laisse le passé à sa place.
    Inuyama… pourquoi pas…

    • haha oui je comprends!! Honnêtement, je ne dirais pas que j’y retournerai demain, mais elle a largement de quoi alimenter les yeux curieux quelques temps, donc la prochaine fois, je n’exclue pas d’y plonger plus profondément encore! 🙂

  2. Môman

    De découvertes en découvertes, je ne me lasse pas…

  3. Q_Bert

    Beau reportage, belles photos, et j’aime beaucoup tes partis pris ; bon par contre, honnêtement Nagoya ne m’a pas laissé un souvenir impérissable… tout semble fait pour la bagnole (rues « tracées au cordeau »), impression générale de ville pas très vivante, pas très charmante… je me trompe peut-être !
    (il paraît qu’il y a une scène rock indé très active à Nagoya, pas mal de live houses)
    En gros, j’ai eu l’impression d’une ville surtout fonctionnelle, sumiyasui, mais sans le bordel grouillant et la rugosité d’Osaka et de certains quartiers de Tokyo (Ueno, Koenji…)

    • oui je suis assez d’accord avec ce constat. Mon but ici est plutôt d’essayer de faire comprendre que se contenter des villes habituellement mises en avant (et pas pour rien), c’est aussi se priver de moments comme la découverte d’une ville plus « normale ». C’est évidemment très compliqué pour les touristes de passage de se rendre à Nagoya plutôt qu’à Kyôto ou Nara, et ce n’est clairement pas ce que je leur suggère.

      Mais en tant que résident ici, et puisque j’aime essayer d’aller voir des choses plus quotidiennes plus banales, je me dis que c’est une bonne illustration du fait que, se cantonner à ce qu’on a vu partout, n’est pas la meilleure façon de faire son expérience et ses souvenirs. Mais ça s’adresse plus à ceux qui ont déjà bien bourlingué au Japon, cela va sans dire.

  4. Nuitori

    Merci pour ce bel article. C’est un bel exemple qu’il ne faut pas juste baser ses visites sur la réputation d’un lieu. Je n’ai jamais vraiment compris la mauvaise réputation de Nagoya. Certes, niveau choses à voir ça ne vaut pas Kyōto mais c’est une ville qui a du charme et vous le montrez bien.
    Dommage que vous n’ayez pas pu visiter le château car la vue d’en haut est très belle.
    Les photos sont magnifiques comme toujours. J’aime beaucoup celles de la fleur à proximité du château.

    • Merci beaucoup! Oui dommage, mais après tout, je ne regrette pas d’être allé voir d’en bas (ce que j’aurais probablement fait de toutes façon mais bon…)

  5. Super article comme d’habitude (et les photos….je suis tellement fan de tes photos ) ! J’étais vraiment curieuse de voir ton avis sur Nagoya! J’ai eu l’occasion d’y passer une journée et sur le moment j’étais un peu déçue parce que ça ressemblait trop à Ôsaka en moins bien pour moi… En plus, Il y a des quartiers comme Sakae que j’ai trouvé pas du tout intéressant … Je regrettais de pas avoir passé ma journée à Inuyama histoire de voir quelque chose de vraiment différent, et tes photos me montrent que j’aurais eu raison (dommage pour le château, mais l’exploration autour avait l’air de valoir déjà largement le coup d’oeil).
    Avec du recul, j’ai quand même passé un bon moment à Nagoya, mais je pense que ça doit être plus agréable de s’y promener, sans but réel, pour tomber sur des choses qu’on ne voit pas ailleurs (comme j’avais une seule journée, je me suis fais un planning typique : Château, temple, quartiers commerçants… et j’aurais pas dû, j’avais sans cesse la comparaison avec Ôsaka dans la tête)

    • Oui j’ai aussi ressenti cette forte similitude avec Osaka, en plus réduit. Mais je pense que c’est parce qu’Osaka est une grande ville proche des ambiance des villes plus « confidentielles » (Nagoya c’est quand même la 4ème du Japon si je ne m’abuse). Donc j’imagine sans mal qu’en tant que résident à Osaka, et amoureux fou de cette ville, je pourrais avoir ce sentiment dans d’autres villes moyennes… Je ne sais pas je suis trop resté dans le Kansai jusqu’à présent j’imagine :p :p
      Oh et merci beaucoup pour les compliments sur mes photos!! Ça fait très très plaisir!

  6. Anonyme

    La prochaine fois, j’essaierai de mieux connaitre Nagoya avec de nouveaux yeux.

  7. De très belles photos, je pense que Nagoya est une femme un peu timide qui a besoin de temps avant de se dévoiler à toi. Au début elle peut paraître froide mais quand tu apprends à la connaître, elle se lâche !
    Et si tu lui tournes autour (Inuyama, Gifu, Gamagori, Utsumi, Okazaki, …), tu découvres de beaux trésors ! 🙂

    • #PetitCorpsPasMalade Merci poto! comme tu as pu le voir j’ai pas mal collé à ton programme de ta vidéo, non pas que je pensais qu’il n’y avait rien d’autre, mais je voulais tellement une photo du temple avec envolée de pigeons… Et clairement Inuyama était sur ma liste depuis longtemps.

      Après j’avoue j’aurais aimé qu’on soit un poil plus actif sur le temps qu’on avait là-bas, mais c’est parfois le problème d’être à 2… faut s’adapter à l’autre haha. Il va falloir y retourner quoi 🙂
      La bise frérot

  8. Super article ! C’est marrant je suis aussi allée au château d’Inuyama, comme quoi même les touristes y vont parfois. Par contre on avait pas eu le temps de l’admirer de loin, du coup je suis bien contente de regarder tes photos. Tu m’as fait rire avec ta fixette des pigeons XD.

    Ah et comme je peux pas m’empêcher de ramener ma science #relou, je crois que tu confonds les O-fuda et les senjafuda

    • Hahaha quel plaisir d’avoir l’honneur de ta science Joranne!! Merci d’être passée!
      Oui oui évidemment Inuyama a gagné son gros lot de touristes, c’est bien la moindre des choses! C’est juste qu’il est moins associé à Nagoya que… le château de Nagoya, ce qui ne manque pas d’une certaine logique. 🙂
      Pour les O-fuda, je trouvais plus le nom donc j’ai demandé à une amie qui n’était plus sûre, mais après recherche ça semblait coller (hahaha le jeu de mot mal caché)! Maintenant que tu le dis, effectivement je crois que c’est Senjafuda que je cherchais à la base! Je me suis laissé avoir par cette image quand je cherchais pour valider, mais tu as raison je corrige ça de suite, merci beaucoup!!

      https://i0.wp.com/moshimoswitch.main.jp/WP/wp-content/uploads/c7fde50b679d8799bbaee62fce3a7aad.jpg

  9. Lao ~ ロラン

    En attendant de me faire mes propres souvenirs là-bas (un jour je l’espère…), Je continue avec grand plaisir, de profiter de ta vision au travers de tes récits et superbes photos. Pas très original je le sais mais sincère. Merci pour ton partage!

  10. Elles sont vraiment très belles tes photos ! J’aime beaucoup le regard que tu portes sur la ville, sur le moche qui devient beau quand l’oeil sait le voir. Quand j’ai débuté la photo (je suis toujours nulle), j’ai trouvé qu’un monde nouveau s’ouvrait à moi, j’ai commencé à voir ces petites choses du quotidien auquel je ne faisais plus attention.
    Sinon, j’avais bien aimé mon passage à Nagoya, pour le côté historique de la ville. J’aimerais d’ailleurs bien y retourner.

    • Merci Paméla! Oui moi aussi la photo (que j’ai commencé lorsque je suis arrivé ici, c’était vraiment la réponse à un besoin de garder une trace de toutes ces magnifiques choses que je voyais au Japon), a encore développé ma tendance à regarder de partout, quand je marche, je suis une vraie girouette haha bonjour les torticolis!!

  11. Eldarno

    Superbe article comme d’hab.
    Je suis resté 2 mois sur nagoya et je peut dire que c’est une ville très mésestimé.
    La ville a les avantages d’une grande métropole tout en ayant une atmosphère plus « calme » que Tokyo ou Osaka.
    Après ce que je pense , c’est que leur regard sur une ville change avec les rencontres que l’on y fait.
    La vérité est dans le regard de l’observateur.

    • Tout à fait exact!! les rencontres, les petites galères qu’on rencontre, ou pas, forgent une image bien différente des villes. Mais ça c’est que pour ceux qui y passent du temps. La « mauvaise » réputation de Nagoya vient surtout de ceux qui trouvent qu’il n’y a rien à y faire quand on y est de passage, ou qu’elle ne mérite pas le déplacement. Ce que je comprends, mais que je réfute 🙂

  12. Wouhou une sortie pigeons ! Hein ? Ah non y’a pas que ça ? Ah…
    Super classe d’ailleurs la photo du temple Ôsu Kannon avec ces pigeons ! Ouais donc c’est bien une sortie pigeons…
    Toujours aussi sympa les balades par ici 🙂

  13. A chaque fois que je suis alle a Nagoya c’etait de nuit. Quelques copines là-bas du temps où… oooops je digresse. Resutat j’ai de bons souvenirs de cette ville 😉

    Un detail, mais il me semble que dans les temples bouddhistes on ne doit pas claper des mains (meme si parfoirs les gens devant soi le font, ce qui seme le doute dans mon esprit), au contraire des sanctuaires shinto. Non pas que je sois un expert dans la matiere, mais justement si je raconte des betises j’aimerais bien comprendre car le sujet m’interesse beaucoup.

    • aaaaah l’influence des femmes sur l’expérience de vie… un sujet qui pourrait m’animer de longues soirées d’hiver…
      Pour le reste tu as sans doute raison, j’avoue n’avoir jamais vraiment prêté attention, et dans le texte, j’ai utilisé ça comme un élément de rythmique pour insister sur la succession d’actions rapides et habituelles… Mais il est fort probable qu’à ce moment précis, on se soit passer des applaudissements… Personnellement je ne prie jamais, je trouve que ce n’est pas ma place, mais c’est une autre histoire 😉

  14. Sinon il me semble que declamer ce fameux poeme s’impose :
    « Pigeon, oiseau à la grise robe, dans l’enfer des villes, à mon regard tu te dérobes, tu es vraiment le plus agile. » 🙂

    • HAHAHAHA Incroyable que je ne l’ai pas intégré dans l’article tellement je le sors souvent!!! Je suis resté à des références de pacotille, pour ne pas dire camelote. Mais faut dire… Nagoya, c’est quand même pas si près de chez moi Rémy 😉

  15. Même si le lieu et/ou la balade n’est pas attrayant … ton article nous montre le contraire 🙂
    Tu as le chic pour rendre l’inintéressant, intéressant 😉

    J’aime beaucoup une photo du château au loin, on dirait un visage ^^’

    • Ah oui, maintenant que tu le dis, je vois aussi le visage héhé 🙂
      Merci pour les compliments, je pense que ça vient de mon boulot de prof, où il faut donner envie d’apprendre des règles de grammaires sans queue ni tête, et gavées d’exceptions… 🙂

  16. What beautiful photos! You have a great eye for the details. I haven’t visited Nagoya yet but if you say that it isn’t exactly a touristic hot spot this could be the right place for me 🙂 I’m always on the look for remote places that not so many have discovered yet! Also…. you are so incredibly lucky to have had such good weather. 29. December eh? Beautiful place on earth.

    • Thanks for your vivit and comment!! You should definitely see it if you like going out of classic routes.
      Thank you for your compliments too! 🙂

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